ki news?
Publicité
 
actu générales

Mali: nomination d'un Premier ministre, les personnalités arrêtées visées par des enquêtes

  • 18 Apr 2012
  • augmenter la taille du texte   réduire la taille du texte
BAMAKO (AFP)
é Premier ministre de transition du Mali le 17 avril 2012, photographié à Paris le 13 octobre 2004

L'astrophysicien malien de renommée internationale Cheick Modibo Diarra a été désigné mardi Premier ministre de transition peu après une vague d'arrestations d'hommes politiques et de chefs militaires qui, selon l'ex-junte militaire, sont visés par des enquêtes.

La priorité de M. Diarra, 60 ans, à la fois citoyen malien et américain, sera de tenter de résoudre la crise dans le Nord où, à la faveur d'un coup d'Etat le 22 mars, des rebelles touareg, des mouvements islamistes et divers groupes criminels, ont mené une offensive foudroyante et occupent depuis fin mars cette immense région aride.

"Nous devons, selon nos capacités (...), nous engager à fond pour pouvoir trouver des solutions et des solutions durables à ce problème-là et regagner la totalité de notre pays, son intégrité", a-t-il déclaré mardi soir à la télévision publique ORTM.

Désigné par Dioncounda Traoré, investi président par intérim le 12 avril, Cheick Modibo Diarra avait participé à un programme de la Nasa, l'agence spatiale américaine. Il s'est lancé en politique en 2011 en créant un parti en vue de la présidentielle de 2012 annulée de facto par le coup d'Etat.

Sa nomination intervient peu après l'arrestation à Bamako par des hommes armés de plusieurs dirigeants politiques et militaires proches de l'ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars.

é, le 22 septembre 2010 à Bamako

Dans un communiqué publié tard mardi soir, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, chef de cabinet du patron des putschistes, a affirmé que des "personnalités militaires et civiles" ont été "appréhendées" par les forces de sécurité maliennes "sur la foi d'indications précises et d'informations graves et concordantes" et "sur instructions de la hiérarchie".

"Des enquêtes de police judiciaire en cours, ouvertes à l'encontre desdites personnalités, seront très bientôt confiées aux organes compétents, en vue d'initier des poursuites judiciaires" si nécessaire, a-t-il ajouté, sans fournir leurs identités, leur nombre et sans préciser ce qui leur est reproché.

Il a toutefois assuré que l'ex-junte demeurait attachée "au respect des libertés individuelles et des droits des citoyens conformément aux engagements pris".

Parmi les personnalités arrêtées, figurent Modibo Sidibé, ex-Premier ministre d'ATT, et Soumaïla Cissé, ancien ministre et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa). Tous deux étaient parmi les principaux candidats à la présidentielle initialement prévue le 29 avril.

Modibo Sidibé avait déjà été arrêté lors du putsch, puis libéré après plusieurs jours d'incarcération, avant d'être de nouveau brièvement interpellé plus tard. Il a été arrêté lundi soir à son domicile et emmené au camp militaire de Kati, près de Bamako.

Soumaïla Cissé a été arrêté mardi matin chez lui et blessé au cours de son interpellation, selon son cabinet qui affirme que "le gardien et un de ses neveux" ont également été blessés, et son domicile "vandalisé".

économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), le 23 février 2009 à Paris

Le directeur général de la police, le général Mahamadou Diagouraga, l'ancien ministre de la Défense, le général Sadio Gassama, et le général Hamidou Sissoko, chef d'état-major particulier d'ATT, ont également été arrêtés lundi soir à leurs domiciles, selon leurs familles.

"Un climat de terreur"

----------------------

Interrogé par l'AFP, un officiel proche de l'ex-junte a affirmé: "Le moment venu, on dira ce qu'on leur reproche".

Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR, partis politiques et organisations de la société civile), a accusé "la junte militaire et ses soutiens civils" de vouloir "instaurer un climat de terreur" et demandé le retour de la junte "dans les casernes".

Le cabinet de Soumaïla Cissé estime que son arrestation "traduit clairement la volonté de la junte de ne point céder le pouvoir aux civils".

L'Union européenne (UE) a exigé la "libération immédiate" des détenus et la France, ancienne puissance coloniale, a dénoncé des "détentions arbitraires".

Les putschistes dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo avaient accepté sous la pression des voisins du Mali de rendre rapidement le pouvoir aux civils, à la suite d'un accord de sortie de crise signé le 6 avril avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Mais pour les observateurs à Bamako, les putschistes, qui doivent être amnistiés, n'ont jamais envisagé d'être écartés et entendent montrer par ces arrestations qu'il va falloir compter avec eux au cours de la période de transition qui s'ouvre.

Cheick Modibo Diarra et le gouvernement qu'il va former auront fort à faire pour tenter de dialoguer avec les groupes armés qui occupent le Nord. De premiers contacts ont déjà été pris avec certains de ces mouvements depuis l'investiture de Dioncounda Traoré. Ce dernier s'est dit prêt, en cas de besoin, à leur faire "une guerre totale et implacable".

related videos

vos réactions

blog comments powered by Disqus

à lire aussi


consulter nos archives

recherche

publicité



most viewed posts