MONTREAL (AFP)
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi soir dans les
rues de Montréal pour appeler le gouvernement à négocier avec les
étudiants opposés à la hausse de leurs droits de scolarité, a
constaté un journaliste de l'AFP.
Les jeunes gens ouvrant la marche, qui s'est déroulée dans le
calme pendant plus de trois heures sous la pluie, portaient une
grande banderole noire déclarant "Négocies Ostie!" (ce dernier
mot est un juron québécois d'origine religieuse correspondant
plus ou moins à "Bon sang!").
Ce slogan faisait référence à la décision du gouvernement
québécois de refuser de négocier avec la CLASSE, une des trois
principales organisations étudiantes, qu'il accuse de ne pas
observer une "trêve" demandée par la ministre de l'Education Line
Beauchamp.
Des mots d'ordre scandés par les marcheurs visaient aussi
directement Jean Charest, le Premier ministre québécois.
"Charest, démissionne" ou "Charest cherche-toi une job dans le
Nord", lançaient-ils, faisant allusion au Plan Nord, un projet
phare du gouvernement provincial.
La police a déclaré la marche illégale au bout d'une demi-heure,
des projectiles ayant été lancés vers les forces de l'ordre, mais
ne l'a pas empêchée de continuer. Vers minuit, son porte-parole,
le sergent Ian Lafrenière, a confirmé l'absence de tout incident
violent.
Le nombre de manifestants était situé par les témoins entre deux
et quatre mille.
Contrairement à ce qui s'était passé la veille, quand des
vitrines de magasins avaient été brisées et des voitures
endommagées, la marche s'est déroulée dans le calme, entourée
d'un dispositif policier à cheval, à vélo, à moto et en voiture.
Peu avant minuit, une partie des manifestants se sont dispersés,
alors qu'un groupe de plusieurs centaines de personnes continuait
à remonter une grande rue vers le nord de la ville.