BASE AMERICAINE DE GUANTANAMO (AFP)
Les cinq accusés des attentats du 11-Septembre, dont leur cerveau
autoproclamé Khaled Cheikh Mohammed, sont renvoyés samedi devant
la justice militaire de Guantanamo, coup d'envoi d'une procédure
qui pourrait encore prendre plus d'un an.
Neuf ans après leur arrestation, dont trois années passées dans
une prison secrète de la CIA, les cinq hommes seront accusés
d'être responsables de la préparation et de l'exécution des
attentats de 2001 qui ont fait 2.976 morts.
Le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, qui a revendiqué "de A à
Z" la paternité des attentats, son neveu Ali Abd al-Aziz Ali,
mais aussi le Yéménite Ramiz ben al-Chaïba ainsi que les
Saoudiens Wallid ben Attach et Moustapha al-Houssaoui encourent
la peine de mort.
Détenus dans un quartier de haute sécurité de la prison
controversée de Guantanamo à Cuba, ils seront conduits dans un
tribunal militaire spécialement conçu à leur intention. Les
débats seront retransmis avec un différé de 40 secondes, et le
cas échéant censurés, pour un record de 60 journalistes venus à
l'audience et une dizaine de proches des victimes tirés au sort.
Signe de l'intérêt du public et de l'enjeu, les débats seront
retransmis sur écran géant dans quatre bases militaires situées
sur le sol américain.
Les observateurs s'attendent à ce que Khaled Cheikh Mohammed se
serve de l'audience comme d'une tribune pour invectiver les
Etats-Unis qu'il considère comme "le grand Satan".
Les actes de torture que les accusés disent avoir subis pendant
leur détention au secret devraient être au centre des débats
devant la justice militaire très critiquée par les avocats de la
défense pour son manque d'équité et de légitimité.
La lecture de l'acte d'accusation relance une procédure au point
mort depuis l'investiture de Barack Obama à la Maison Blanche. Le
président démocrate avait mis un point d'arrêt à la procédure
devant la justice militaire et avait décidé de juger les cinq
complices présumés devant la justice de droit commun à Manhattan
à deux pas de Ground Zero où s'élevaient autrefois les tours
jumelles. Mais il en avait été empêché par les républicains du
Congrès qui ont bloqué tout transfert des suspects de terrorisme
sur le territoire américain.
L'audience intervient plus de dix ans après les attentats les
plus meurtriers de l'histoire américaine, et au premier
anniversaire de la mort de celui qui les avait revendiqués,
Oussama Ben Laden. Mais le procès du siècle" comme l'appellent
certains analystes, pourrait encore attendre au moins un an. A
moins que Khaled Cheikh Mohammed, qui veut mourir en "martyr", ne
plaide coupable.