LE CAIRE (AFP)
Le touriste singapourien enlevé vendredi dans la péninsule
égyptienne du Sinaï par des Bédouins réclamant la libération de
l'un des leurs a été relâché au bout de quelques heures, a
annoncé une source de sécurité.
"Il a été remis aux forces de sécurité", a-t-elle indiqué.
L'information a été confirmée par l'agence de presse officielle
égyptienne Mena, selon laquelle la libération du Singapourien a
eu lieu après "des efforts de la sécurité en coordination avec
les chefs de tribus".
L'homme faisait partie d'un groupe d'une vingtaine de touristes
qui visitait la péninsule. Il est le seul à avoir été enlevé par
les Bédouins qui exigeaient que l'un de leurs proches, arrêté en
possession de drogue, soit relâché, selon la source de sécurité.
Plusieurs étrangers ont été enlevés ces derniers mois dans le
Sinaï, pendant des périodes allant de quelques heures à une
journée, pour les mêmes raisons avant d'être tous libérés
indemnes.
Fin mai, deux touristes américains avaient ainsi été enlevés près
de la station balnéaire de Dahab, sur la mer Rouge, et détenus
pendant un peu moins de 24 heures avant d'être remis sains et
saufs aux forces de l'ordre.
Début mai, dix soldats fidjiens de la Force multinationale et
Observateurs (FMO), chargée de surveiller la paix entre Israël et
l'Egypte, avaient été détenus pendant environ une heure.
En mars, des Bédouins avaient déjà assiégé pendant plusieurs
jours le camp de la FMO avant de lever le siège en donnant aux
autorités un ultimatum pour libérer des membres de leur tribu,
dont certains sont accusés de terrorisme.
Le Sinaï, où sont concentrées les stations balnéaires les plus
lucratives d'Egypte, est peuplé en grande partie de Bédouins
longtemps marginalisés sous le régime d'Hosni Moubarak.
L'insécurité s'y est fortement accrue depuis la chute de ce
dernier en février 2011.
La situation dans le Sinaï est rendue encore plus délicate par la
faible présence de l'armée, aujourd'hui au pouvoir, en raison de
la démilitarisation de ce secteur prévue par les accords de paix
israélo-égyptiens de 1979.
Le gazoduc qui traverse le nord du Sinaï pour alimenter Israël et
la Jordanie a ainsi été la cible de quatorze attentats en un an.