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Violences communautaires en Birmanie: nouveaux affrontements, trois morts

  • 20 Jun 2012
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RANGOUN (AFP)
Etat Rakhine

Les violences communautaires ont fait au moins trois morts supplémentaires lors de nouveaux affrontements dans l'ouest de la Birmanie, malgré l'état d'urgence imposé depuis dix jours, a indiqué mercredi un responsable gouvernemental à l'AFP.

Selon cette source, trois membres de la minorité ethnique rakhine, majoritairement bouddhiste, ont été tués mardi dans le village de Yathedaung, à une soixantaine de kilomètres au nord de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine (autrefois appelé Arakan).

"Le bilan pourrait être plus élevé", a-t-il ajouté, assurant cependant que la situation était "sous contrôle dans la majeure partie de l'Etat Rakhine".

Ces violences entre communautés bouddhiste et musulmane ont fait "plus de 50 morts", selon un autre responsable. Un total qui n'inclut pas le lynchage de dix musulmans le 3 juin par une foule de bouddhistes en colère qui voulaient venger le viol et le meurtre d'une femme.

Des responsables de la minorité apatride des Rohingyas, une des composantes de la communauté musulmane de la région, ont affirmé que le bilan des violences était en fait plus élevé. L'AFP n'a pas été en mesure de le vérifier.

Mercredi, les Etats-Unis ont rendu hommage à la gestion de la crise par le pouvoir, évoquant notamment l'appel au calme lancé par le président Thein Sein le 10 juin.

"Le gouvernement a pris d'autres mesures constructives pour répondre à la violence et aider les victimes", a précisé l'ambassade américaine à Rangoun, y compris en établissant des camps de déplacés et en permettant une visite sur le terrain de l'envoyé spécial de l'ONU Vijay Nambiar.

Une ouverture "bienvenue", a poursuivi le communiqué, après le cyclone Nargis (138.000 morts et disparus) de 2008. La junte alors au pouvoir s'était réfugiée dans un repli xénophobe en refusant toute aide étrangère.

Les 800.000 Rohingyas confinés dans le nord de l'Etat ne font pas partie des minorités reconnues par Naypyidaw, ni par beaucoup de Birmans qui ne cachent pas leur hostilité à leur égard. Ils sont considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète.

Plusieurs centaines d'entre eux ont tenté de fuir en traversant en bateau vers le Bangladesh, mais les gardes-côtes bangladais les ont systématiquement repoussés.

Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par ces violences. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU a indiqué avoir distribué une aide d'urgence à 66.000 personnes, précisant que 90.000 déplacés avaient besoin d'assistance.

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