BRUXELLES (AFP)
Chypre a demandé lundi l'aide financière de la zone euro, selon
un communiqué officiel.
"Le gouvernement de la République de Chypre a informé aujourd'hui
les autorités européennes compétentes de sa décision de présenter
à la zone euro une aide financière", selon le communiqué.
Cette aide, qui passerait par les Fonds de sauvetage européens
FESF et MES, vise à "contenir les risques pour l'économie
chypriote (...) provenant de son secteur financier, très exposé à
l'économie grecque", ajoute le communiqué, sans préciser le
montant demandé.
Après l'Espagne, qui a également fait une demande formelle d'aide
à la zone euro pour ses banques lundi, Chypre devient le
cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à une
assistance financière de ses partenaires.
Une source diplomatique avait annoncé un peu plus tôt que Chypre,
qui s'apprête à prendre la présidence de l'UE le 1er juillet pour
six mois, demanderait dans la journée une aide financière à la
zone euro pour renflouer son secteur bancaire.
Le communiqué ne précise pas si la demande d'aide est calquée sur
le modèle espagnol, et donc circonscrite au secteur bancaire, ou
si elle concerne l'ensemble de l'économie du pays, ce qui suppose
qu'elle soit assortie d'un programme d'ajustement budgétaire.
Le gouvernement chypriote avait laissé entendre un peu plus tôt
qu'il pourrait demander une aide avant la fin juin, date de
l'échéance fixée à la deuxième banque du pays, Popular Marfin
Bank, pour obtenir les 1,8 milliard d'euros nécessaires à sa
recapitalisation.
Nicosie semblait aussi avoir l'intention de demander à Moscou de
lui prêter entre 3 et 5 milliards d'euros.
L'agence de notation financière Fitch a abaissé lundi la note de
la République de Chypre en catégorie spéculative en la faisant
passer de "BBB-" à "BB+" en raison des craintes de plus en plus
fortes pesant sur son système bancaire. Fitch emboîte le pas à
Standard and Poor's, qui avait fait de même en janvier, et
Moody's qui l'avait fait le 13 juin