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Les Portugais "prêts à partir n'importe où" pour fuir la crise

  • 29 Jun 2012
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LISBONNE (AFP)
à Lisbonne.

"France, Suisse, Luxembourg: je suis prêt à partir pour n'importe lequel de ces pays où l'on parle français!", confie Octavio Tavares, un électricien au chômage résidant à Lisbonne, après plus de sept mois de recherches d'emploi infructueuses.

"Mon CV et mes lettres de motivation sont déjà traduits. Dès que je vois une annonce sur l'internet qui m'intéresse, je n'ai plus qu'à les envoyer", raconte à l'AFP cet homme de 39 ans, père de deux fillettes de deux et neuf ans, ayant quelques notions de français acquises à l'école.

"Mon projet serait de partir seul dans un premier temps et puis de faire venir ma famille ensuite", observe-t-il, ajoutant qu'il a déjà obtenu deux réponses d'entreprises françaises il y a quelques mois mais n'avait pu partir "pour des raisons familiales". Il n'a pas reçu de nouvelles offres depuis.

Licencié en novembre dernier d'une PME d'une vingtaine d'employés, qui sous-traitait les travaux d'électricité d'une grande entreprise de bâtiment ayant fait faillite, Octavio Tavares se rend compte que la filière est parmi les plus sinistrées et décide d'élargir ses recherches.

"J'ai postulé pour des emplois dans la distribution, les télécommunications... Mais la réponse est toujours la même: on me demande d'attendre", indique ce Portugais né en Afrique, au Cap-Vert.

Des milliers de ses compatriotes ont eux aussi décidé de reprendre le chemin de l'émigration pour fuir la récession et le chômage record de 15,5% prévu cette année. Selon l'OCDE, ils seraient plus de 70.000 à partir chaque année.

Sous assistance financière internationale de l'Union européenne et du FMI depuis mai 2011, le Portugal est soumis à une sévère cure d'austérité qui a mis en difficulté de nombreuses familles.

Nouvelles destinations

"Vous imaginez! Je dois payer un loyer de 350 euros et je ne touche que 400 euros d'allocation chômage. Pour manger, on survit péniblement grâce aux 300 euros de mon épouse, qui est femme de ménage", explique M. Tavares.

ésil, le 28 juin 2012 à Lisbonne.

"Pour économiser, soupire-t-il, on a été contraint de retirer nos filles de la cantine, arrêter de conduire la voiture, supprimer notre abonnement à l'internet. C'est vraiment très compliqué..."

Aujourd'hui, les Portugais ne sont plus seulement attirés par les destinations traditionnelles des années 60, comme les pays du nord de l'Europe. Ils se tournent également vers les anciennes colonies portugaises, comme l'Angola et le Brésil, en plein essor économique.

Le Brésil attire aujourd'hui une main-d'oeuvre essentiellement qualifiée, notamment des jeunes à la recherche d'un premier emploi. Les Portugais n'ayant pas besoin de visa pour les séjours touristiques, ils régularisent souvent leur situation sur place après avoir signé un contrat.

La grande majorité de ceux qui choisissent l'Angola ont déjà un contrat de travail en poche avant de partir, ce qui facilite l'obtention du visa, dans des secteurs aussi divers que la finance, les nouvelles technologies ou encore le bâtiment.

Maçon de 36 ans, Joao Pratas recherche un emploi désespérément depuis un an. Ces dernières semaines, il a multiplié ses recherches d'emploi sur l'internet, ciblant en priorité l'Angola et le Brésil.

"Ne trouvant pas de travail dans mon domaine, je me suis inscrit au centre d'emploi pour faire une formation en pâtisserie, on m'a répondu qu'il y avait 90 personnes devant moi. Que voulez-vous! Il ne me reste plus qu'à émigrer", affirme, résigné, ce chômeur vivant dans la banlieue sud de Lisbonne.

"Pour l'instant je n'ai pas eu de réponses", dit-il, assurant être "prêt à partir n'importe où".

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