RAIPUR (AFP)
Au moins 21 maoïstes indiens ont été tués lors d'une série
d'affrontements vendredi avec les forces de sécurité dans l'Etat
du Chhattisgarh (centre), l'un des bastions de cette rébellion
d'extrême-gauche qui dit lutter pour la défense des tribus et des
paysans sans terre.
Dix-sept rebelles ont été tués au cours d'un premier échange de
coups de feu, qui s'est produit tôt vendredi dans une zone
forestière à environ 295 km au sud de la capitale de cet Etat,
Raipur, a indiqué à l'AFP par téléphone le commissaire de police
du district, Prashant Agrawal.
Quatre autres maoïstes ont été tués dans deux incidents séparés
dans la même région.
"De nombreux membres des forces de sécurité fouillent la zone à
la recherche de rebelles ayant trouvé refuge ici", a ajouté M.
Agrawal. Dix-neuf rebelles ont déjà été capturés et placés en
détention, a-t-il ajouté.
A New Delhi, le ministre de l'Intérieur, P. Chidambaram, a salué
"le courage et les grandes compétences" des unités de police
impliquées dans les fusillades.
Il s'agit d'un rare succès pour les forces de sécurité qui
tentent de déloger les maoïstes de leur bastion pour mettre fin à
une longue guérilla dans le cadre d'une opération d'envergure
baptisée "Traque verte", lancée en 2009 sans véritable succès
jusqu'à présent.
Au Chhattisgarh le mois dernier, les maoïstes ont pris en
embuscade une patrouille de police et tué six policiers et un
civil.
Selon le Premier ministre, Manmohan Singh, cette "rébellion
rouge", qui défie l'autorité de l'administration centrale et des
gouvernements locaux depuis 1967 et a coûté la vie à des dizaines
de milliers de personnes, est la principale menace pesant sur la
sécurité intérieure.
Au cours des derniers mois, la violence maoïste a repris de la
vigueur, avec une série d'enlèvements visant, pour la première
fois, des étrangers.
Deux Italiens avaient été enlevés en mars dans l'Etat de l'Orissa
(est), avant d'être séparément relâchés.
En avril, un parlementaire avait été également kidnappé, puis
relâché, dans ce même Etat.
En échange de rançons ou de prisonniers, ils relâchent
généralement leurs victimes même si certains otages, dont des
policiers, ont déjà été exécutés.