REYKJAVIK (AFP)
Une jeune mère de famille et présentatrice de télévision sans
expérience politique défie le chef de l'Etat sortant Olafur
Ragnar Grimsson qui brigue en favori un cinquième mandat, samedi
lors de l'unique tour de l'élection présidentielle en Islande.
A la veille du scrutin, deux sondages prédisaient au président
sortant une victoire écrasante avec une majorité absolue des
voix. Selon une de ces enquêtes, M. Grimsson devrait recueillir
57% des suffrages, contre 30,8% à sa rivale Thora Arnorsdottir.
"L'écart entre Olafur et Thora dans ce sondage est immense et,
pourrait-on dire, insurmontable", estime le politologue Gunnar
Helgi Kristinsson de l'Université d'Islande à Reykjavik, cité par
le quotidien Frettabladid.
Quelque 235.784 Islandais sont appelés aux urnes de 09h00 à 22h00
GMT. Les premiers résultats sont attendus une heure après la
fermeture.
Thora Arnorsdottir, 37 ans, a dû interrompre sa campagne en mai
pour donner naissance à son troisième enfant et se présente comme
la candidate -sans étiquette- du changement après les 16 années
de règne de M. Grimsson.
Mère de trois enfants, non mariée, qui milite pour le droit des
femmes et pour la neutralité sexuelle, la candidate est dans la
norme de femmes islandaises occupant des responsabilités: Vigdis
Finnbogadottir a été la première femme de la planète a être
démocratiquement élue présidente (1980-1996), la Première
ministre Johanna Sigurdardottir est ouvertement homosexuelle,
l'Eglise islandaise vient d'ordonner sa première femme
archevêque.
A 69 ans, M. Grimsson avait affirmé en janvier qu'il ne se
présenterait pas pour un cinquième mandat et les sondages
laissaient prévoir une victoire de Mme Arnorsdottir.
Mais en mars, une pétition signée par plus de 30.000 Islandais
-soit environ 10% de la population- a plébiscité le président
sortant, le poussant à se déclarer finalement candidat à sa
réélection.
Il a consolidé sa popularité en refusant par deux fois de
promulguer une loi défavorable au contribuable. Le texte
prévoyait l'indemnisation par les Islandais de la Grande-Bretagne
et des Pays-Bas dont les épargnants avaient été lésés par la
faillite de la banque en ligne Icesave en 2008.
Pourtant, selon Mme Arnorsdottir, l'Islande a besoin de
changement après la crise économique et financière de 2008 quand
les trois principales banques du pays ont fait faillite. Depuis,
cette île de l'Atlantique nord a retrouvé le chemin de la
croissance avec l'aide du FMI.