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En Hongrie, l'art est mis au service de la fierté nationale

  • 1 Jul 2012
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BUDAPEST (AFP)
éfile le 3 juin 2012 devant le Parlement de Budapest

Un défilé de mannequins vêtus de tenues inspirées du folklore hongrois devant l'imposante bâtisse du parlement à Budapest illustre un nouvel effort du gouvernement conservateur pour propager une certaine fierté nationale par le biais de l'art et de la culture.

L'événement, organisé et financé par le gouvernement, récompensait les vainqueurs d'un concours intitulé "Re-boutonné, le Hongrois est en vogue".

Il s'est tenu le 4 juin, jour de "l'Unité nationale" introduit par le Premier ministre conservateur, Viktor Orban, peu après son arrivée au pouvoir en mai 2010.

Ce jour commémore la signature en 1920 du Traité de Trianon, qui a contraint la Hongrie à céder les deux tiers de ses territoires. La fête vise à rappeler à tous les Hongrois qu'ils restent tous unis malgré la séparation qu'a imposée ce traité.

"Les symboles nationaux ont plus d'importance de nos jours. L'accent est mis sur la façon dont notre conscience hongroise peut être renforcée", déclare à l'AFP György Szabo, directeur de Trafo, un centre d'exposition d'art moderne, reconnu pour ses productions novatrices, faisant souvent la part belle aux artistes étrangers.

Ainsi, pour célébrer la mise en oeuvre de sa nouvelle constitution controversée au début de l'année, le pouvoir avait commandé quinze toiles, coûtant 5.000 euros la pièce, rassemblées dans une exposition. L'une des peintures met en scène Viktor Orban tenant l'un de ses discours enflammés contre le régime communiste à la fin des années 80, qui lui ont valu sa popularité.

Depuis que son parti Fidesz a pris les rênes du pays, le patriotisme a fait un retour en force.

C'est vrai en politique, comme en témoignent les nombreuses attaques verbales du Premier ministre contre l'Europe "impérialiste" qu'il a comparée à l'ex-URSS.

C'est vrai aussi dans l'art, devenu un vecteur comme un autre pour faire passer des messages politiques, estime György Szabo.

"Si un projet artistique ou culturel renforce l'idéologie de la politique conservatrice, il recevra l'argent pour être réalisé, mais tout en étant fortement contrôlé", souligne-t-il.

épare à défiler devant le Parlement à Budapest, le 3 juin 2012

"Nous parlons d'identité nationale, mais nous ne semblons pas réaliser que le plus important dans la culture est d'avoir un large éventail d'orientations. Aujourd'hui, nous avons une tendance qui indique une direction à suivre en matière de culture, ce qui est impossible et semble une mauvaise idée", souligne Robert Alfoldi, directeur du théâtre national de Budapest.

Un monde de la culture vulnérable Le pouvoir se défend en mettant en avant le besoin de restaurer une confiance nationale mise à mal par l'ancien régime communiste puis, estiment les conservateurs, par les socialistes.

"Nous devons faire face à la crise morale des dernières années", a justifié la mairie de Budapest, interrogée par l'AFP, dans une réponse envoyée par e-mail.

"Il nous faut reformuler nos objectifs, interpréter les intérêts de notre communauté, de notre capitale, de notre nation", souligne-t-elle.

Le gouvernement ne manque pas d'idées pour promouvoir la Hongrie par le biais de la culture: la construction, en forme du Rubik's Cube, le célèbre casse-tête créé par le Hongrois Erno Rubik, d'un Musée des inventions magyares sur les bords du Danube est l'une d'entre elles.

Le Premier ministre avait récemment estimé que ce centre -- dont la réalisation reste hypothétique faute de financement -- pourrait devenir ni plus ni moins un "symbole de la renaissance hongroise au XXIe siècle".

Selon Barabas Bencsik, directeur du musée d'art contemporain Ludwig de Budapest, le monde de l'art et de la culture en Hongrie a peu évolué depuis la chute du régime communiste et reste très désorganisé, ce qui le rend vulnérable.

"Le plus dangereux est que le milieu de la culture n'a pas encore suffisamment réussi à s'établir (dans la société) assez pour éviter de devenir la proie de stratégies individuelles ou d'affiliations politiques", prévient-il.

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