BRUXELLES (AFP)
L'Union européenne a annoncé mercredi une prochaine rencontre
entre de hauts diplomates européen et iranien sur le programme
nucléaire controversé de Téhéran, au lendemain de la réunion de
suivi technique à Istanbul.
Comme convenu lors de la réunion de Moscou entre les 5+1 et
l'Iran, "la rencontre technique à Istanbul sera suivie d'une
réunion entre Helga Schmid et le docteur Ali Bagheri", a indiqué
dans un communiqué un porte-parole de la chef de la diplomatie
européenne Catherine Ashton.
Mme Schmid est directrice au sein du service européen pour
l'action extérieure, la diplomatie européenne, et chargée
notamment de l'Iran. M. Bagheri est adjoint au négociateur en
chef du nucléaire iranien Saïd Jalili.
Le porte-parole de Mme Ashton n'a pas précisé la date et le lieu
de cette prochaine rencontre.
Dans le communiqué, il indique que la réunion technique à huis
clos d'Istanbul "a duré toute la journée et s'est terminée à
01H00 du matin".
"Les 5+1 ont fourni plus de détails sur la proposition qu'ils
avaient faite à l'Iran à Bagdad" au mois de mai: "l'Iran a
apporté des détails sur sa proposition, et les experts ont
examiné les positions sur un certain nombre de sujets
techniques".
Cette réunion avait été annoncée au dernier sommet des 5+1 (les
cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU
--Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni-- et Allemagne)
avec l'Iran en juin à Moscou, permettant d'éviter une rupture
totale du processus diplomatique. Elle avait lieu au niveau des
experts en physique nucléaire, donc sans la participation de
diplomates.
Les grandes puissances et l'Iran n'avaient pas réussi à
rapprocher leurs points de vue sur le problème du nucléaire
iranien à l'issue de deux jours de négociations à Moscou les 18
et 19 juin.
Elles demandent à l'Iran de suspendre l'enrichissement d'uranium
à 20%, jugé dangereusement proche de l'uranium enrichi à 90%
utilisable pour une bombe atomique, d'en envoyer son stock à
l'étranger, et de fermer un site souterrain d'enrichissement.
L'Iran affirme que cet uranium enrichi à 20% sert uniquement à
fabriquer du combustible pour son réacteur de recherche et
médical de Téhéran, et refuse tout abandon de ce qu'il considère
comme un droit dans le cadre du Traité de non-prolifération
nucléaire dont il est signataire.
L'UE a mis en oeuvre le 1er juillet un embargo pétrolier contre
l'Iran, en l'absence de progrès sur le programme nucléaire de
Téhéran.