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Birmanie: plusieurs personnalités conservatrices quittent le pouvoir

  • 4 Jul 2012
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NAYPYIDAW (AFP)
à Naypyidaw, le 2 mai 2012

Plusieurs conservateurs du régime birman ont été donnés partant mercredi, une victoire importante pour les réformateurs rassemblés autour du président Thein Sein, alors que les députés du parti d'opposition d'Aung San Suu Kyi faisaient leurs premiers pas au parlement.

Un haut responsable birman a indiqué que sans doute trois ministres devraient prochainement quitter leurs fonctions. "Ce remaniement est pour bientôt", a-t-il indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat, confirmant que les victimes de la purge étaient "connues comme des conservateurs".

Parallèlement, l'agenda du parlement confirmait la démission pour "raisons de santé" du vice-président Tin Aung Myint Oo.

Ce proche de l'ex-patron de la junte aujourd'hui retraité, le généralissime Than Shwe, s'était retiré dans un monastère en mai. Son successeur devra être désigné avant le 10 juillet. Un candidat sera choisi par les militaires, qui occupent un quart des sièges, avant d'être approuvé par le parlement.

à Naypyidaw, le 4 juillet 2012

Ces annonces simultanées sont intervenues alors que les députés de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont siégé pour la première fois, en l'absence notable de leur chef de file, tournant la page à 20 ans de lutte quasi-clandestine.

Le parti, créé en 1988, avait remporté les élections deux ans plus tard sans jamais accéder au pouvoir. Il avait ensuite boycotté le scrutin de 2010, avant de réintégrer l'échiquier politique lors des élections partielles d'avril. Et de remporter, triomphalement, 43 des 44 sièges brigués -- dont 37 à la chambre basse.

Suu Kyi, 67 ans, revenue samedi d'un voyage éreintant de plus de 15 jours en Europe, a obtenu de ne pas assister aux séances de cette semaine. Elle doit se rendre dans sa circonscription rurale près de Rangoun et ne fera ses premiers pas de députée que lundi dans la capitale Naypyidaw.

à Londres

Thein Sein, ancien général, semble pour sa part consolider son pouvoir, un an et demi après l'auto-dissolution de la junte de Than Shwe, avec désormais une plus grande marge de manoeuvre, a estimé Nicholas Farrelly, de l'Université nationale australienne.

Les réformateurs réunis autour de lui "ont déjà fait des changements audacieux dans les institutions politiques et économiques et pays. Une équipe de direction rafraîchie renforce le message que le processus de transition a besoin de nouvelles têtes".

Accueilli d'abord avec le plus grand scepticisme par l'opposition et les Occidentaux, Thein Sein a su convaincre, obtenant dès avril dernier la suspension des sanctions de l'Union européenne.

C'est lui, soulignent les analystes, qui a proposé à Suu Kyi de participer au processus, renvoyant à l'Histoire l'époque où elle était l'ennemie publique numéro un, privée de liberté pendant plus de 15 ans.

La chambre basse compte donc désormais une opposition, certes très minoritaire (10% des sièges environ), mais acceptée en apparence par ses ennemis d'hier.

"J'espère que les capacités du parlement, sa dignité et sa réputation seront renforcées grâce à la coopération des nouveaux représentants", a déclaré le président de la chambre et ancien général, Shwe Mann.

Le parlement "est la meilleure démonstration possible de nos efforts vers la démocratie", a relevé pour sa part Phyo Min Thein, député LND. "En tant que premier parti de l'opposition, nous devons renforcer notre capacité à travailler en équipe".

Les observateurs soulignent que Suu Kyi va tenter de pactiser avec les militaires de l'hémicycle.

"Nous n'irons pas au parlement avec l'intention d'en exclure qui que ce soit", a-t-elle expliqué mardi, évoquant sa volonté maintes fois affichée de réduire la place de l'armée au sein du pouvoir législatif. "Ce n'est qu'en coopérant que nous pourrons modifier la Constitution."

Cette session devrait notamment être consacrée aux violences dans l'Etat Rakhine (ouest) entre communautés musulmane et bouddhiste, qui ont fait plus de 80 morts et des dizaines de milliers de déplacés en juin. L'état d'urgence y est en vigueur depuis presque un mois.

A l'ordre du jour figurera aussi la loi très attendue sur les investissements, dans un marché prometteur mais dépourvu des infrastructures légales nécessaires pour assouvir la soif des grands groupes étrangers.

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