KABOUL (AFP)
Les autorités afghanes ont lancé une chasse à l'homme pour
retrouver les coupables, des talibans selon elles, de l'exécution
sommaire d'une femme soupçonnée d'adultère dont l'insoutenable
vidéo a choqué en Occident, a-t-on appris lundi de sources
concordantes.
"Nous avons envoyé la police dans la zone. Ils recherchent les
talibans responsables" de l'excécution, a déclaré à l'AFP Basir
Salangi, le gouverneur de Parwan, la province située à une
centaine de kilomètres de Kaboul où la jeune femme a été tuée.
"Ces talibans, dont le tueur, ont fui dans les montagnes", mais
"nous continuerons à les rechercher jusqu'à leur arrestation",
a-t-il ajouté.
La force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) s'est de
son côté dite "prête à assister les forces de sécurité afghanes
dans la traque des auteurs de cet acte haineux", a déclaré son
commandant, le général américain John Allen.
Dans un communiqué, le président Hamid Karzaï a "ordonné" à ses
forces de sécurité de "n'épargner aucun effort" pour "arrêter et
punir les coupables".
Les images de l'exécution par balle de celle que les autorités
appellent Najiba, 22 ans, ont fait dimanche le tour du monde.
On y voit la victime écoutant stoïquement la sentence la
condamnant à mort, avant qu'un homme, présenté comme son mari, ne
lui tire dessus à 13 reprises, dont les 4 dernières sur son
cadavre sans vie.
Ni le gouvernement ni les talibans ne contrôlent directement la
vallée dans laquelle a été commis le meurtre, perpétré après la
lecture par une sorte de juge de versets du Coran condamnant
l'adultère, a observé le gouverneur de Parwan.
Les images montrent des hommes en armes dont la grande majorité
semble être issus de l'ethnie pachtoune, la plus grande du pays
et celle qui fournit l'essentiel du contingent taliban.
Nombre d'entre eux célèbrent l'exécution aux cris de "Longue vie
à l'islam" et autres "Longue vie aux moudjahidines".
Le crime filmé a provoqué des réactions indignées en Occident. Le
chef de la diplomatie britannique William Hague s'est notamment
déclaré "choqué et dégoûté".
"Ce n'était pas la justice, c'était un meurtre, une atrocité
d'une cruauté innommable", a abondé le général Allen, qui a
condamné "les brutalités continues des talibans à l'encontre des
civils innocents, particulièrement des femmes".