LONDRES (AFP)
François Hollande rencontre mardi pour sa première visite
officielle au Royaume-Uni le premier ministre conservateur David
Cameron, avec qui les sujets de divergence ne manquent pas, de la
crise de l'Euro à la taxation des plus hauts revenus et la
régulation de la City.
Au cours de cette visite d'une journée, François Hollande doit
rencontrer la reine en tête-à-tête à Windsor, tout près de
Londres, où la souveraine passe le début de l'été.
L'entretien avec Elizabeth II est prévu à 16H00 locales (15H00
GMT), en conclusion de la visite du président français, qui
rencontre David Cameron au 10 Downing Street en fin de matinée
avant un déjeuner de travail et une conférence de presse
conjointe (13H15 GMT).
Les deux dirigeants auront sans doute à coeur de dissiper le
malaise laissé par la visite du candidat Hollande en février, qui
n'avait pas été reçu par David Cameron.
La polémique suscitée le mois dernier en France par les
déclarations de David Cameron, qui s'était dit prêt à "dérouler
le tapis rouge" aux exilés fiscaux français, n'avait guère
arrangé les choses. La question de la taxation des hauts revenus
ne sera pas au menu, selon la présidence française.
Mais le Premier ministre britannique pourrait évoquer un autre
sujet qui fâche: l'assujettissement aux prélèvements sociaux des
revenus immobiliers des non-résidents, qui pourrait frapper selon
le Daily Telegraph "quelque 200.000 Britanniques" propriétaires
de résidences secondaires en France.
Les questions européennes risquent également de soulever des
désaccords, David Cameron ne cessant d'exhorter les membres de la
zone euro --dont son pays ne fait pas partie-- à agir pour
résoudre la crise, tout en estimant, sous la pression des
eurosceptiques de son parti, qu'il fallait "moins d'Europe".
Londres a refusé d'endosser le pacte européen de discipline
budgétaire, au nom de la sauvegarde des intérêts de la City,
première place financière d'Europe, et n'a cessé de dire son
opposition farouche à la taxe sur les transactions financières
voulue par Paris.
Au point de s'attirer de la part de François Hollande une
remarque acide: "L'Europe n'est pas un tiroir-caisse et encore
moins un self-service".
Plus consensuels, les sujets internationaux comme la Syrie,
l'Iran et le Mali seront l'occasion de montrer les convergences
entre Londres et Paris, qui insiste aussi sur "le partenariat
franco-britannique" en matière de défense.