PEKIN (AFP)
La Chine a réaffirmé mardi son soutien à l'euro dans le cadre de
son "dialogue stratégique" avec l'Union européenne, qui a aussi
donné lieu à des échanges sur les grands dossiers internationaux
allant de la Syrie à l'Iran ainsi que sur les droits de l'Homme.
"La Chine a réaffirmé son soutien à l'intégration européenne, aux
efforts de l'Europe pour résoudre la crise de la dette, et à la
stabilité de la zone euro", selon un communiqué conjoint.
Ce troisième dialogue stratégique sino-européen en trois ans
était présidé par la chef de la diplomatie européenne Catherine
Ashton et le conseiller d'Etat Dai Bingguo, plus haut responsable
de la politique étrangère chinoise.
Lors d'une brève déclaration à la presse, Mme Ashton s'est
réjouie que la Chine voie dans le résultat du dernier Conseil
européen des 28 et 29 juin "une preuve de la détermination de
l'Europe à résoudre les questions liées à la dette souveraine de
plusieurs pays membres" de l'UE.
M. Dai a pour sa part assuré à son interlocutrice que "la Chine
est sincère et déterminée dans son soutien aux efforts européens
pour résoudre le problème des dettes souveraines".
"Nous sommes persuadés que l'UE a la sagesse et la capacité de
surmonter ses difficultés actuelles et de parvenir à un meilleur
développement. Nous avons toute confiance dans l'avenir de
l'Europe", a ajouté M. Dai.
Alors que les entreprises de l'Union européenne demandent
toujours un meilleur accès au marché chinois, "nous avons parlé
de nos relations commerciales et d'investissement très fortes et
de notre aspiration à les voir se développer", a encore dit Mme
Ashton.
Elle s'est dite "confiante" que des progrès pourront être
réalisés dans ces domaines lors du prochain sommet Chine-UE cet
l'automne.
Selon le communiqué conjoint, "l'UE a réaffirmé son soutien au
développement pacifique de la Chine et au respect de sa
souveraineté et de son intégrité territoriale".
Les deux parties vont "avoir un dialogue régulier sur la
politique de défense et de securité", poursuit le document. Mme
Ashton a rencontré à Pékin le ministre chinois de la Défense,
Liang Guanglie, avant d'être reçue par le Premier ministre
chinois Wen Jiabao.
La Chine a réitéré son opposition à toute ingérence étrangère
dans les affaires intérieures d'un autre pays, pour quelque
raison que ce soit.
"Nous devons adhérer au principe inébranlable de non-ingérence
dans les affaires intérieures des autres", a déclaré Dai Bingguo
à la presse.
Au nom de ce principe, la Chine a opposé son veto à deux
résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le
gouvernement syrien et refuse de s'associer aux appels
internationaux pour que Bachar al-Assad quitte le pouvoir.
"Il est très important de chercher à régler les différentes
questions internationales par des moyens pacifiques, le dialogue
et la coopération", a encore dit M. Dai.
Sur le dossier iranien, Mme Ashton a noté dans un communiqué
séparé que l'UE collaborait avec la Chine pour "s'assurer de la
nature pacifique du programme nucléaire" de Téhéran. Pékin est
opposé à toute sanction contre Téhéran, tout en défendant son
droit d'acheter du pétrole iranien.
M. Dai a enfin "informé (Mme Ashton) des réalisations historiques
de la Chine dans le domaine des droits de l'Homme", qui font
partie des sujets abordés dans le cadre du dialogue stratégique.
"Nous avons parlé des droits individuels, de la protection des
groupes vulnérables et de l'importance de l'Etat de droit", a
précisé Mme Ashton, indiquant que les deux parties avaient fait
valoir leurs points de vue respectifs.
Le mois dernier, le parlement européen avait dénoncé les
violations des droits de l'Homme au Tibet et appelé Mme Ashton à
nommer un coordinateur spécial de l'UE pour le Tibet.
Catherine Ashton devait quitter Pékin en fin de journée pour Hong
Kong, avant de se rendre jeudi au Forum régional de l'Asean au
Cambodge.