PHNOM PENH (AFP)
Le tribunal chargé de juger les responsables khmers rouges a
annoncé lundi la nomination d'un nouveau juge d'instruction
international pour enquêter sur des dossiers controversés qui ont
déjà poussé deux magistrats à la démission.
Alors que Phnom Penh avait refusé le précédent juge désigné, le
gouvernement a cette fois approuvé la décision des Nations unies
de nommer l'Américain Mark Harmon, a indiqué le tribunal parrainé
par l'ONU dans un communiqué.
"Son affectation permettra (au tribunal) de poursuivre (sa)
mission fondamentale consistant à traduire en justice les
responsables des crimes commis" sous le régime khmer rouge,
a-t-il ajouté.
Harmon, qui a servi pendant 17 ans comme procureur au Tribunal
pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye, sera le
troisième juge d'instruction international en moins d'un an à
essayer d'enquêter sur deux dossiers concernant cinq cadres du
régime de Pol Pot qui a fait quelque deux millions de morts entre
1975 et 1979.
Le Premier ministre Hun Sen, lui même ex-khmer rouge qui s'était
retourné contre le régime, est ouvertement opposé à la tenue
d'autres procès après celui, en cours, des trois plus hauts
responsables encore vivants du régime.
L'Allemand Siegfried Blunk avait démissionné en octobre en
dénonçant les pressions du pouvoir dans ces deux dossiers
controversés.
Le juge de réserve, le Suisse Laurent Kasper-Ansermet, avait été
choisi par l'ONU pour lui succéder mais Phnom Penh avait refusé
de le confirmer, provoquant des tensions sans précédent entre le
Cambodge et les Nations unies.
Le Suisse, qui avait semblé déterminé à enquêter malgré cette
absence de confirmation, avait finalement jeté l'éponge en mai,
accusant son homologue cambodgien d'obstruction et affirmant
avoir travaillé dans un "environnement particulièrement hostile".
Les trois plus hauts responsables encore vivants du régime khmer
rouge sont actuellement jugés pour génocide, crimes contre
l'humanité et crimes de guerre.
Les observateurs estiment qu'ils seront les derniers à l'être par
cette juridiction, après la condamnation en appel au début de
l'année à la perpétuité de Douch, ancien chef de la prison de
Phnom Penh.