VARSOVIE (Pologne) (AFP)
Le candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt
Romney arrive lundi en Pologne, sa première visite derrière
l'ancien rideau de fer, où il doit rencontrer à Gdansk le Premier
ministre Donald Tusk et l'ancien chef historique du syndicat
Solidarité, Lech Walesa, icône de la lutte contre le communisme.
Après la Grande-Bretagne et Israël, M. Romney a choisi un pays
qui a des relations tendues avec la Russie et est désormais un
pilier de l'Otan et de l'UE, pour la dernière étape de sa tournée
à l'étranger destinée à renforcer sa stature présidentielle.
Après ses entretiens avec MM. Tusk et Walesa, le candidat à la
Maison blanche doit déposer lundi après-midi une gerbe au
mémorial de la péninsule de Westerplatte où l'Allemagne nazie a
attaqué la Pologne le 1er septembre 1939 déclenchant la seconde
guerre mondiale.
Au programme figure également une visite aux chantiers navals de
Gdansk, berceau historique de Solidarnosc en 1980, premier
syndicat indépendant à l'Est, acteur majeur de la chute du
communisme en Pologne et qui devait mener par un effet domino à
l'effondrement de l'URSS et à l'éclatement du bloc soviétique en
1991.
Les Polonais ont toujours apprécié le président républicain
Ronald Reagan pour son rôle dans la fin de la guerre froide, son
soutien au syndicat Solidarité et la fermeté de son parti à
l'égard de Moscou.
M. Romney a été invité en Pologne par Walesa, l'ancien ouvrier
électricien, prix Nobel de la paix en 1983, premier président élu
démocratiquement de la Pologne en 1990.
Cette rencontre pourrait renforcer la crédibilité du candidat
républicain, entrepreneur capitaliste, dans la classe populaire à
l'approche des élections du 6 novembre.
Un sondage publié par le New York Times et CBS le 19 juillet a
montré que Romney remporterait les élections avec 45% contre 43%
pour Obama si elles avaient lieu actuellement.
Romney en tête devant Obama dans un sondage
Lech Walesa, avait boudé en mai 2011 une rencontre prévue à
Varsovie avec Barack Obama au sein d'un groupe d'hommes politique
polonais, car il avait alors espéré une invitation individuelle
du président américain.
En juillet 2009, Walesa, le défunt président tchèque Vaclav Havel
et d'autres anciens dirigeants de la région avaient critiqué
l'administration Obama dans une lettre, appelant à la poursuite
du projet de bouclier antimissile américain en Pologne et en
République tchèque décidé par l'administration de George W. Bush
et violemment critiqué par Moscou.
Mardi, Mitt Romney doit rencontrer le président Bronislaw
Komorowski à Varsovie et prononcer un discours qui pourrait lui
donner l'occasion de s'en prendre à la Russie, un pays que la
candidat a toujours considéré comme un adversaire géopolitique.
Le 24 juillet, Romney dans un discours de politique étrangère
avait vivement critiqué l'administration Obama pour avoir
"abandonné des amis" dans une région qui se méfie toujours de la
Russie.
Il avait également durci le ton envers Moscou, émettant des
doutes concernant la légitimité des élections présidentielles de
mars remportées par Vladimir Poutine pour une deuxième mandat et
accusant la Russie de défendre "le dictateur de Damas et de
l'armer alors qu'il massacre le peuple syrien".
La visite de M. Romney intervient après le faux-pas du président
Obama qui avait choqué la Pologne en évoquant dans un discours en
mai les "camps polonais de la mort", au lieu de camps
d'extermination nazis lors d'une cérémonie tenue en hommage
posthume au résistant polonais Jan Karski.
La Pologne estime que le terme de "camps de concentration
polonais", même s'il est utilisé comme une simple indication
géographique, donne l'impression que la Pologne porte une
responsabilité dans le génocide perpétré par l'Allemagne nazie
pendant la Seconde guerre mondiale.