TRIPOLI (AFP)
Un quartier du centre de la capitale libyenne, Tripoli, a été
secoué samedi par l'explosion d'une voiture et des accrochages
entre des jeunes qui se disputaient une place sur un marché,
a-t-on appris auprès d'habitants et des services de sécurité
faisant état d'un blessé.
"Des accrochages ont opposé des jeunes qui se disputaient une
place au marché", a déclaré à l'AFP Mohammed, jeune habitant du
quartier Rachid non loin de l'emblématique place des Martyrs.
"Ils se sont tiré dessus et ont lancé de la gélignite"
généralement utilisée pour la pêche, a expliqué cet habitant ,
ajoutant que ces violences ont eu lieu à l'aube.
L'explosion d'une voiture --visiblement causée par de la
gélignite-- a secoué le même secteur.
"La voiture, une Honda Civic, a explosé en mille morceaux", a
indiqué un gardien d'une base de la police militaire sise à
quelques mètres du lieu de la déflagration, qui selon lui a pu
être causée par "des explosifs utilisés dans la pêche".
Des officiers de la base se sont abstenus de tout commentaire,
mais un expert étranger de la sécurité a confirmé à l'AFP que
l'explosion a pu être provoquée par du TNT utilisé pour la pêche,
et non par une voiture piégée.
La vie était normale dans le secteur samedi matin après que la
voiture a été enlevée des lieux, selon une journaliste de l'AFP.
Les murs de certains immeubles portaient cependant des traces de
suie et les vitrines de plusieurs commerces des impacts de balles
ainsi que deux voitures garées dans ce quartier commerçant.
Au moins une personne, un ressortissant tunisien, a été blessé,
selon des habitants. Des sources médicales de l'hôpital Al-Huruq
ont dit avoir admis un Tunisien âgé de 54 ans blessé par des
éclats d'une explosion.
Le quartier Rachid abrite un marché où prolifèrent les étals
sauvages vendant essentiellement des T-shirts, des jeans et des
valises.
La tension était palpable et de nombreux habitants préféraient ne
pas s'exprimer sur les causes de ces violences ou des
responsables.
"Tout le monde est tendu ici car il n'y a pas de sécurité",
déplore un commerçant.