DAMAS (AFP)
La bataille fait rage entre les troupes syriennes et les rebelles
pour le contrôle d'Alep, la deuxième ville de Syrie, des
informations contradictoires circulant sur l'évolution des
combats.
Une "rencontre consultative" sur la Syrie est par ailleurs
organisée jeudi à Téhéran par les autorités iraniennes, fidèles
alliées du président syrien Bachar al-Assad, qui ont indiqué
attendre une douzaine de pays ayant "une position réaliste" sur
la crise.
L'armée syrienne bombardait jeudi matin plusieurs quartiers
d'Alep, poumon économique du pays où les combats font rage depuis
vingt jours, qui constitue un enjeu crucial pour la suite de la
révolte, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme
(OSDH).
Vers 03H00 locales (00H00 GMT), les quartiers de Hanano, Al
Sakhour, Chaar (est), et Seif Dawla (sud ouest) ont été
intensément bombardés, a rapporté cette organisation basée à
Londres et qui travaille avec un réseau de militants et de
témoins à travers la Syrie.
Les comités locaux de coordination, qui organisent la
contestation sur le terrain ont confirmé le bombardement
d'Al-Sakhour.
Mercredi, les violences dans tout le pays ont fait 167 morts,
dont 95 civils, 54 soldats et 18 rebelles, selon l'OSDH. Dans la
seule ville d'Alep, 33 personnes ont été tuées, dont 24 civils et
9 rebelles.
Les premières violences de jeudi ont déjà fait 22 morts, dont 17
civils et 5 rebelles. C'est dans la ville d'Alep et sa province
que les violences ont fait le plus de victimes, avec 9 civils et
5 rebelles tués.
Appuyées par des chars et des véhicules blindés, les forces du
régime du président Bachar al-Assad avaient lancé mercredi une
offensive terrestre d'envergure et pénétré dans le principal
quartier dissident d'Alep, Salaheddine.
En milieu de journée, l'armée avait affirmé avoir pris le
contrôle de ce quartier emblématique, ce que les insurgés ont
immédiatement démenti.
Puis, en milieu d'après-midi, les rebelles syriens ont déclaré
avoir repris une partie du terrain perdu quelques heures plus tôt
après avoir reçu le renfort de 700 combattants.
"Il s'agit des combats les plus féroces autour du quartier"
depuis le début des affrontements à Alep le 20 juillet, selon
l'OSDH.
Les forces du régime ont acheminé de nouveaux renforts, et, jeudi
matin, plusieurs centaines de militaires, trois chars et
véhicules de transports de troupes sont arrivés près d'Alep,
selon l'OSDH.
L'armée a déployé 20.000 hommes pour mener cette bataille
cruciale pour le régime, confronté depuis la mi-mars 2011 à une
révolte qui s'est militarisée au fil du temps face à la
répression brutale. Près de 17 mois de conflit ont fait 21.000
morts selon l'OSDH.
Réunion à Téhéran
L'Iran, principal allié régional de la Syrie, attend jeudi à
Téhéran les représentants d'une douzaine de pays pour une
"rencontre consultative" sur la Syrie. Damas n'y sera pas
représenté, a indiqué une source au ministère syrien des Affaires
étrangères.
Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar
Salehi, douze à treize pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique
latine doivent y participer.
Mais les représentants de ces pays, qui n'ont pas encore été
identifiés, ne devraient pas être de haut rang. La réunion doit
s'ouvrir à 14H30 GMT.
Le Liban voisin a déjà fait savoir qu'il n'y participerait pas en
respect de sa "neutralité" dans le conflit. Kofi Annan, le
médiateur démissionnaire de l'ONU et la Ligue arabe, et le Koweït
ont également décliné l'invitation.
Téhéran accuse régulièrement des pays occidentaux, de même que
l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, d'aider militairement
les rebelles syriens.
L'Iran cherche toujours à obtenir la libération de 48
ressortissants enlevés samedi par l'Armée syrienne libre (ASL)
dans la région de Damas.
La France a envoyé par avion une équipe médicale militaire pour
venir en aide aux réfugiés syriens à la frontière jordanienne,
une mesure décidée lundi par le président François Hollande.
Une cinquantaine de personnes, dont un médecin généraliste, des
chirurgiens, des infirmiers et des aide-soignants, ont décollé
jeudi matin avec 20 tonnes de matériel médical, pour mettre sur
pied uns structure qui devrait être opérationnelle "en fin de
semaine", a précisé le médecin-en chef.