BERLIN (Allemagne) (AFP)
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle,
s'est prononcé pour la tenue d'un référendum en Allemagne sur la
Constitution européenne, dans un entretien à l'hebdomadaire
dominical allemand Bild am Sonntag.
"J'espère que nous aurons une véritable Constitution européenne
sur laquelle il y aura aussi un référendum", a dit M.
Westerwelle, membre du petit parti libéral (FDP) de la coalition
gouvernementale allemande.
Une idée favorisée également par le président de la CSU, branche
bavaroise des chrétiens-démocrates de la chancelière allemande
Angela Merkel, Horst Seehofer, dans un entretien à l'hebdomadaire
allemand dominical Welt am Sonntag.
"Je vois trois domaines où l'on devrait interroger le peuple
allemand. Premièrement: lors d'un transfert de compétences
essentielles vers Bruxelles. Deuxièmement: lors de l'adhésion de
nouveaux Etats à l'Union européenne. Troisièmement: sur les aides
financières allemandes aux autres pays", a dit M. Seehofer.
En juin dernier, le ministre allemand des Finances, Wolfgang
Schäuble, s'était déjà montré favorable à la tenue d'un
référendum afin de réviser la Constitution allemande pour
permettre un transfert de davantage de compétences à Bruxelles.
La tenue d'un référendum au niveau national en Allemagne n'est
cependant prévu dans la loi fondamentale (qui sert de
Constitution dans ce pays) qu'en cas de circonstances extrêmes,
comme un remodelage des frontières ou adoption d'une nouvelle loi
fondamentale.
Cette méfiance pour ce genre d'instrument au niveau national est
due au fait que les nazis s'étaient appuyés sur des plébiscites
pour consolider leur pouvoir. Au niveau communal et régional, des
référendums sont toutefois assez fréquents en Allemagne.
En novembre dernier, la chancelière Angela Merkel avait rejeté
l'idée d'un référendum en Allemagne sur la politique européenne.
Questionnée à ce sujet, Mme Merkel avait déclaré: "ma position
sur la démocratie représentative au niveau fédéral, sur
l'équilibre entre le Bundestag et le Bundesrat (chambres basse et
haute du parlement) est inchangée et connue (...) Je trouve que
notre ordre démocratique, tel qu'il l'est actuellement, a permis
et permet une grande stabilité interne à l'Allemagne".