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Extradition d'Assange: pour l'Equateur, risque réel d'intrusion dans son ambassade à Londres

  • 18 Aug 2012
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QUITO (Equateur) (AFP)
à Londres, le 17 août 2012

Il existe toujours un risque que la police britannique entre dans l'ambassade d'Equateur à Londres pour arrêter le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui y est réfugié, a estimé samedi le chef de la diplomatie équatorienne.

"La menace persiste, parce qu'il n'y a eu aucun démenti de cette menace", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Ricardo Patino, dans une déclaration publiée sur le site officiel du gouvernement équatorien.

Mercredi, à la veille de l'annonce par l'Equateur qu'il accordait l'asile au cyber-militant australien, Quito a déclaré avoir été informé par les autorités britanniques de la possibilité que Julian Assange, qui doit être extradé vers la Suède, soit arrêté dans l'ambassade équatorienne.

Au cours d'une discussion avec des responsables équatoriens, le chargé d'affaires britannique à Quito a attiré mercredi l'attention de ses interlocuteurs sur l'existence d'une loi britannique de 1987 prévoyant que des locaux diplomatiques puissent perdre leur inviolabilité dans certains cas.

L'Equateur a vivement protesté contre cette éventualité. Londres a assuré jeudi au plus haut niveau qu'il n'était pas question d'une intrusion dans l'ambassade.

"Il n'y a dans cette affaire aucune menace d'un assaut de l'ambassade", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, soulignant au contraire que le dénouement du cas Assange pourrait prendre "un temps considérable".

Les Equatoriens "ont déformé nos propos", a déclaré à l'AFP un responsable britannique.

Mais pour Quito, qui affirme avoir reçu un document écrit évoquant la possibilité d'une intrusion, la menace persiste puisque, selon M. Patino, "il n'y a pas eu un autre document désavouant le premier document, ou des excuses pour la menace proférée".

Julian Assange a demandé et obtenu l'asile auprès de l'Equateur pour se soustraire à son extradition par la Grande-Bretagne vers la Suède, où la justice veut l'entendre pour une affaire d'agression sexuelle et de viol.

Le fondateur de WikiLeaks dit redouter, s'il est envoyé en Suède, d'être extradé ultérieurement vers les Etats-Unis pour y répondre d'accusations d'espionnage, en raison de la publication par son site de centaines de milliers de documents confidentiels américains.

Le gouvernement équatorien a convoqué pour samedi à Guayaquil, dans le sud-ouest de l'Equateur, une réunion de ses alliés de l'Alliance bolivarienne pour les peuples d'Amérique (Alba) pour analyser les tensions entre Quito et Londres.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) doivent aussi examiner la question dimanche, également à Guayaquil.

L'Organisation des Etats américains (OEA) se penchera elle aussi sur ce sujet le 24 août à Washington, malgré l'opposition des Etats-Unis, du Canada et de Trinidad et Tobago.

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