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A Maastricht, la "carte cannabis" est une aubaine pour les dealers de rue

  • 19 Aug 2012
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MAASTRICHT (Pays-Bas) (AFP)
à Maastricht.

"Cannabis? Marijuana? J'ai de tout!", interpelle un jeune homme assis le long de la Meuse, fleuve traversant Maastricht, dans le sud-est des Pays-Bas : pour les dealers de rue, l'entrée en vigueur de la "carte cannabis" en mai est une véritable aubaine.

"Ca va bien, on vend beaucoup pour le moment", assure le jeune homme, qui dit s'appeler Mohammed, installé à quelques mètres de familles venues profiter de la fraîcheur du cours d'eau en début d'après-midi.

Le jeune homme négocie âprement le prix de 5 grammes de cannabis, qu'il vendra finalement 35 euros, soit un peu moins que dans un coffee shop. Non loin de là, sous un pont proche du centre-ville, une vingtaine de dealers, seuls ou en groupes, attendent eux aussi les chalands.

"J'ai aussi de la cocaïne, de l'héroïne, de l'ectasy : tu veux quoi?", questionne l'un d'eux, assis sur une motocyclette grise, donnant son numéro de téléphone à un client potentiel.

Entrée en vigueur le 1er mai dans le sud du pays, la "carte cannabis" limite l'accès aux coffee shops aux seuls résidents des Pays-Bas. Le reste du territoire néerlandais doit suivre le 1er janvier 2013.

Son but est de lutter contre les nuisances --embouteillages, tapage nocturne, dealers dans les rues-- provoquées par l'afflux des millions d'étrangers venant chaque année dans les 670 coffee shops des Pays-Bas, établissements où la vente de cannabis, cinq grammes par personne au maximum, est tolérée depuis 1976.

Mais de nombreux touristes de la drogue continuent à faire le déplacement, assure Mohammed : "moi je vends à des Français, des Belges, des Allemands, des Espagnols et aussi à des Néerlandais".

Le trafic illégal de drogues a augmenté "considérablement" depuis l'entrée en vigueur de la "carte cannabis", confirment dans une étude les chercheurs de l'université de Tilburg (sud).

Ces derniers reconnaissent toutefois que les dealers de rue sont moins présents autour des coffee shops que lors des deux semaines ayant suivi l'entrée en vigueur de la "carte cannabis".

Les clients connaissent dorénavant mieux les adresses illégales et les numéros de téléphone des dealers, qui livrent à domicile, expliquent-ils.

"Nous avons perdu 90% de nos clients"

A moins de cent mètres de la Meuse, l'Easy Going, l'un des 14 coffee shops de la ville, est fermé car son propriétaire, Marc Josemans, également président de l'Association des coffee shops de la ville, refuse de faire de la discrimination

"Nous avons perdu près de 90% de nos clients", assure M. Josemans, selon lequel 600 employés de coffee shops du sud du pays ont perdu leur emploi en raison de la chute libre des ventes.

Il affirme en outre que la plupart de ses clients néerlandais fuient aussi les coffee shops, car ils refusent de s'y enregistrer en tant que membre, comme le prescrit désormais la loi.

L'inscription devant s'effectuer notamment via la municipalité, les anciens habitués redoutent l'utilisation que les autorités pourraient faire des données recueillies.

"Les données ne seront jamais divulguées", assure pourtant Gert-Jan Bos, un porte-parole de la ville, assurant que même s'il était encore trop tôt pour tirer des conclusions, la "carte cannabis" avait eu un effet "positif".

Les quelque 10.000 personnes qui venaient chaque jour à Maastricht "juste" pour acheter du cannabis ne sont plus qu'une centaine, assure-t-il, soutenant que les dealers ne pas plus nombreux qu'avant : "ils sont juste plus visibles et plus agressifs".

En plein centre de Maastricht, un dealer accoste un couple de quinquagénaires en promenade, qui en guise de réponse lui adressent un sourire surpris : "non merci!".

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