WASHINGTON (AFP)
Une expédition partie sur les traces de l'aviatrice américaine
Amelia Earhart, disparue dans le Pacifique en 1937, a repéré sous
l'eau des "débris d'objets manufacturés" qui pourraient provenir
de son avion, ont annoncé les chercheurs.
Des images, prises dans le cadre du "Projet Earhart" et analysées
en laboratoire, ont montré "des objets manufacturés éparpillés"
sous l'eau à l'ouest de l'île de Nikumaroro, dans l'archipel de
Kiribati, au beau milieu du Pacifique, ont indiqué les chercheurs
de la mission Tighar (The International group for historic
aircraft recovery).
Cette expédition --la dixième en 23 ans de ces passionnés
d'archéologie aéronautique-- avait filmé en juillet les fonds
marins près de l'île où, selon eux, l'aviatrice a pu se poser en
catastrophe, et même survivre quelque temps, lors de sa tentative
de tour du monde par l'est au niveau de l'équateur.
Après analyse, les chercheurs ont "vu sur les images des éléments
qui peuvent se rapporter à des morceaux de train d'atterrissage",
a indiqué à l'AFP Richard Gillespie, directeur général de Tighar,
"quelque chose qui pourrait être un pneu, quelque chose qui
pourrait être un garde-boue, ou une roue..."
"C'est une étape intéressante", a-t-il ajouté, "mais nous ne
voulons pas en exagérer l'importance, nous devons faire d'autres
analyses."
Les espoirs des chercheurs se fondent sur la localisation des
débris, qui correspond à d'anciennes traces. "C'est le bon
endroit. Est-ce le bon objet? On ne sait pas encore", a confié M.
Gillespie selon qui, "s'il s'agit bien de débris d'avion, c'est
certainement celui d'Amélia. Il n'y a pas eu d'autre disparition
d'avion dans le coin".
Le 2 juillet 1937, Amelia Earhart, 39 ans, accompagnée du
navigateur Fred Noonan à bord d'un bimoteur Lockheed Electra,
tentait de rallier la Californie après avoir décollé de
Nouvelle-Guinée pour la dernière étape d'un tour du monde.
Elle avait prévu de se poser sur l'île d'Howland afin de se
ravitailler en carburant. Quelques heures après le décollage,
elle annonçait dans un dernier message radio qu'elle n'arrivait
pas à localiser l'île et que "le carburant commençait à manquer".
Puis plus rien. Malgré les recherches, aucune trace de l'avion
n'a été détectée.
Si les analyses sont prometteuses, une nouvelle expédition
pourrait avoir lieu dans les deux ans à venir, annonce M.
Gillespie.