GUATEMALA (AFP)
Le Volcan de Feu, au Guatemala, a connu jeudi sa plus forte
éruption depuis une décennie, avec des fumerolles visibles depuis
la capitale distante de 75 km, et l'évacuation d'au moins 33.000
personnes de villages alentour est prévue, a-t-on annoncé
officiellement.
Déjà "10.000 personnes ont été évacuées (...) Au total, il est
prévu qu'il y en ait plus de 33.000", a indiqué le porte-parole
des services de prévention contre les catastrophe (Conred,
publique), David de Leon.
De grandes fumerolles étaient visibles depuis la capitale et sur
la route du Pacifique, à 20 km du cratère, des automobilistes ont
signalé un immense nuage de cendres qui s'échappait d'un flanc du
volcan, situé entre les départements de Chimaltenango, Escuintla
et Sacatepequez, au sud-ouest de la ville de Guatemala.
"Ce type d'éruption est plus fort que la normale et n'avait pas
été observé ces dernières années, c'est pourquoi nous avons
déclenché l'alerte orange (danger)" aux environs du volcan, dans
l'ouest du pays, a indiqué à des médias locaux Gustavo Chigna, de
l'Institut de vulcanologie.
Il a ajouté qu'en raison de la forte explosion, de la cendre
était retombée sur plusieurs villages autour d'une colonne qui
s'est élevée à 3.763 mètres d'altitude. Des grondements ont été
entendus à plusieurs kilomètres à la ronde.
Javier Garcia, du village de El Porvenir, a raconté sur une radio
locale n'avoir pas eu l'intention de quitter sa maison mais "en
voyant la forte éruption et toute la cendre qui retombait", lui
et ses proches ont "décidé de fuir pour trouver refuge". "Tout
est devenu noir et nous ne pouvions plus respirer", a-t-il
ajouté.
"Depuis la nuit dernière, on entend de forts grondements, ici,
dans la maison, et ce matin (jeudi), c'est devenu tout noir quand
le volcan a commencé à lancer des cendres", a relaté sur la même
radio une femme du village de Sangre de Cristo, tout en préparant
quelques effets avant d'évacuer les lieux avec ses quatre
enfants.
Les personnes sont évacuées par des autocars appartenant à des
plantations de canne à sucre et avec des camions de transports de
bétail et de marchandise, a indiqué à l'AFP un porte-parole des
pompiers de cette commune, Mariano Lam.
M. Lam a également signalé que beaucoup d'habitants refusaient de
quitter leurs maisons et "avaient décidé de rester sur place à
leur propres risques".
Pour compliquer les choses, de "fortes pluies sont signalées dans
les zones à proximité du volcan et la formation d'éventuels
lahars (coulées de boue mélangeant eau et cendres volcaniques)
est surveillée, afin de prendre des mesures préventives sur les
routes et dans les rivières", a ajouté la Conred.
Le 3 septembre, les autorités avaient déclenché une alerte jaune
sur la zone, après que ce volcan, dont le cratère culmine à 3.763
m, avait enregistré sa troisième et plus importante éruption de
l'année.