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Le pape salue pour la première fois le courage des jeunes Syriens

  • 15 Sep 2012
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BEYROUTH (AFP)
é, près de Beyrouth, le 15 septembre 2012

Le pape Benoît XVI a salué samedi pour la première fois le "courage" des jeunes Syriens et exhorté les peuples du Moyen-Orient à "dire non à la vengeance" et à la violence dans une région ensanglantée.

Au second jour de sa visite, il a appelé à la coexistence entre musulmans et chrétiens, exhortant les jeunes chrétiens à ne pas émigrer mais à vivre leur foi dans leur pays.

"J'ai appris qu'il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j'admire votre courage", a-t-il dit devant plus de 15.000 jeunes rassemblés au siège du patriarcat maronite de Bkerké, au nord de Beyrouth.

"Dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le pape ne vous oublie pas. Dites autour de vous que le pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n'oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations", a-t-il ajouté dans une déclaration sans précédent alors que la violence a causé la mort de plus de 27.000 personnes.

Un mouvement de contestation inédit contre le régime de Bachar al-Assad a été lancé pacifiquement en mars 2011 par des manifestations réprimées dans le sang par le régime. Le mouvement s'est militarisé au fil du temps et il s'agit aujourd'hui d'une guerre opposant l'armée loyaliste aux rebelles armés.

à Beyrouth

Le pape "n'oublie pas (non plus) les Moyen-Orientaux qui souffrent. Il est temps que musulmans et chrétiens s'unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres", a-t-il dit.

"Pas seulement des mots"

"C'est un beau message mais on voudrait que cela ne soit pas seulement des mots mais aussi des actes pour arrêter les violences", a déclaré Jacqueline Saadé, une Syrienne de 25 ans.

Dans une atmosphère joyeuse où alternaient danses et chants religieux, le souverain pontife semblait visiblement heureux au milieu des jeunes portant des casquettes blanches sur lesquelles était écrite la phrase du pape "je vous donne la paix" et arborant le "youcat", livre de catéchisme en arabe.

S'adressant aux jeunes chrétiens et musulmans réunis sur l'esplanade, le pape leur a dit: "il faut que l'ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l'islam et la chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine".

ée du pape Benoît XVI dans le village de Bkerke, près de Beyrouth, le 15 septembre 2012

Puis il a exhorté les jeunes Libanais chrétiens à ne pas émigrer alors que ce pays connaît, depuis plus d'un siècle, des départs récurrents, avec plus de 9 millions de Libanais ou de personnes d'origine libanaise vivant à l'étranger contre un peu plus de 4 millions d'habitants au Liban.

"Même le chômage et la précarité ne doivent pas vous inciter à goûter le miel amer de l'émigration, avec le déracinement et la séparation pour un avenir incertain. Il s'agit pour vous d'être des acteurs de l'avenir de votre pays et de remplir votre rôle dans la société et dans l'Eglise", a-t-il dit.

Bannir la violence

Dans la matinée, il s'était adressé, au palais présidentiel de Baabda près de Beyrouth, à plusieurs centaines de personnalités du monde politique, religieux, et culturel libanais, dont les dirigeants des communautés musulmanes.

"Il s'agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher et enfin de pardonner", a déclaré le pape.

Le souverain pontife, qui a axé son intervention sur les conditions religieuses et sociales pouvant favoriser la paix dans toute la région, a demandé de "bannir la violence verbale ou physique".

"Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine, celle de l'auteur comme celle de la victime", a-t-il ajouté, sans évoquer directement les dernières violences autour d'un film dénigrant l'islam.

"Au Liban, la chrétienté et l'islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n'est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l'ensemble de la société?", a demandé dans son discours le chef de l'Eglise catholique, dans un pays dont près de 65% de la population est musulmane et 35% chrétienne.

De son côté, le président Michel Sleimane, seul chef d'Etat chrétien du monde arabe, a demandé qu'au Moyen-Orient la démocratie "assure aux diverses composantes du monde arabe, y compris la composante chrétienne (...) une participation dans la vie politique et dans la gestion des affaires publiques indépendamment de leur proportion numérique, sur la base de la citoyenneté".

"La spécificité du Moyen-Orient se trouve dans le mélange séculaire de composantes diverses", a plaidé le pape.

Le pape doit conduire dimanche une immense messe à Beyrouth avant de quitter le pays du Cèdre.

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