LONDRES (AFP)
Le prince William et Kate ont poursuivi dimanche, d'apparence
imperturbables, leur tournée en Asie-Pacifique, malgré la
publication dans plusieurs pays de photos de la duchesse seins
nus, dont ils vont tenter d'endiguer la diffusion lundi devant la
justice française.
Le jeune couple était dimanche aux îles Salomon, avant-dernière
étape d'une tournée de dix jours en Asie-Pacifique qui a pris une
toute autre dimension avec la diffusion depuis vendredi de
clichés de Kate "topless", pris au téléobjectif cet été dans le
sud de la France.
A Honiara, la capitale, William et Kate, colliers de fleurs
naturelles autour du cou, jaunes pour lui, roses pour elles, ont
salué des milliers de badauds à bord d'une petite camionnette
dont l'avant était transformé en proue de bateau.
La veille, ils avaient fait de l'accrobranche dans la forêt
équatoriale de Bornéo, sous l'objectif attentif des photographes
autorisés, faisant dire à William, deuxième dans l'ordre de
succession au trône d'Angleterre : "Nous voyons un espion dans un
arbre", a rapporté la presse britannique.
Une allusion aux photos de la jeune femme, qui ont révulsé le
couple mais n'ont pas modifié son programme de représentation
dans le cadre du 60e anniversaire de l'accession au trône
d'Elizabeth II. "La duchesse ignore les sangsues", titrait le
Sunday Telegraph dimanche.
A des dizaines de milliers de kilomètres de là pourtant, les
services du prince s'activaient dans l'espoir d'empêcher une plus
grande diffusion des photos, parues vendredi dans le magazine
français Closer et samedi dans le journal irlandais Irish Daily
Star.
Lundi, les avocats du couple, qui a porté plainte pour atteinte à
sa vie privée, vont demander à la justice française d'empêcher
une diffusion plus large des photos par Closer, a expliqué le
palais Saint-James. L'audience est prévue à 18H00 GMT à Nanterre,
près de Paris.
Trop tard cependant pour empêcher la parution, prévue lundi, des
photos dans le magazine italien Chi, qui s'était illustré en 2006
en publiant des clichés de la mère de William, Diana, mourante
après l'accident de sa voiture prise en chasse par des paparazzi,
à Paris en 1997.
Les photos de Kate seins nus étaient aussi visibles ce week-end
sur internet, et des exemplaires de Closer se monnayaient jusqu'à
15 livres (18 euros ou 24 dollars), soit plus de dix fois le prix
du magazine en kiosque, sur le site ebay dimanche.
En revanche, la presse britannique ne s'est pas aventurée à
publier les clichés. Elle est sur ses gardes après les dérapages
de l'ère Diana, et attend avec une certaine anxiété les
conclusions d'un rapport sur l'éthique des médias à la lumière
d'un scandale d'écoutes. Dimanche, elle reproduisait la Une à
paraître de Chi, en floutant toute la page si ce n'est le logo du
magazine et le titre "La Reine est nue".
L'ancien Premier ministre britannique John Major a
"chaleureusement applaudi" l'attitude da la presse de son pays,
qui s'est souvent illustrée dans le passé par ses dérapages.
"Les bornes ont été dépassées" avec la publication à l'étranger
des photos de Kate seins nus, a-t-il estimé à la BBC dimanche.
"C'est l'oeuvre d'un voyeur. Dans notre pays, nous poursuivons
les voyeurs", a-t-il ajouté avec fermeté.
Le prince William et Kate vont réclamer lundi que Closer soit
interdit de rééditer son numéro, de montrer les clichés qui ont
outré les Britanniques sur son site, ou de les revendre, selon
une source proche de l'enquête.
Dans un second temps, ils réclameront des dommages et intérêts, a
ajouté le palais.