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Enfant unique en Chine: une réforme à l'impact limité

  • 16 Nov 2013
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Pékin (AFP)
à Shangai

La décision d'assouplir la politique controversée de l'enfant unique est une étape décisive, mais à l'impact limité, et la Chine devra aller plus loin pour désamorcer la "bombe démographique" que représente le vieillissement de sa population, estiment des experts.

Pékin a dévoilé vendredi une importante modification de sa politique de contrôle des naissances, en annonçant que les couples dont seul un membre est enfant unique seraient désormais autorisés à avoir deux enfants.

"Je ne serais guère surpris si, d'ici à une année, on assistait à de nouvelles mesures (d'assouplissement), et même à un abandon complet" de toute restriction, a déclaré Wang Feng, directeur du Centre Brookings-Tsinghua des politiques publiques à Pékin.

"Le gouvernement est en train de tâter le terrain. Ils savent qu'il faut se débarrasser de cette politique (de l'enfant unique) qui ne sert les intérêts de personne", a-t-il ajouté.

La loi de planification familiale a été mise en ?uvre à partir de 1979 pour permettre à la Chine de contrôler sa population, la plus nombreuse du monde. Elle aurait, selon les autorités, permis d'éviter 400 millions de naissances.

Si la loi interdit aux couples d'avoir plus d'un seul enfant, des exceptions avaient cependant été introduites pour les minorités ethniques ou les couples ruraux dont le premier enfant était une fille -- puis pour les couples dont les deux membres sont enfants uniques.

Ainsi, la règle de l'enfant unique ne s'applique déjà pas pour environ 37% des couples chinois, selon une étude de 2007, et de leur côté, les couples aisés n'hésitent pas à avoir un second enfant quitte à payer l'amende.

Un changement pour 10 millions de couples

ère et son fils unique le 16 novembre 2013 à Shangai

Selon M. Wang, l'assouplissement annoncé devrait donc entraîner un changement pour seulement 10 millions de couples -- une petite fraction du 1,3 milliard d'habitants du pays. "Cela ne va pas affecter beaucoup de monde, et cela ne générera pas des naissances assez nombreuses pour bouleverser les tendances démographiques de la Chine", a-t-il averti.

Pour autant, il s'agit de la plus ambitieuse réforme du planning familial depuis sa mise en place, et c'est une étape "décisive" vers son abolition, a-t-il estimé.

"Il était grand temps", a réagi Joan Kaufman, experte en politique publique du Columbia Global Centers à Pékin. "Il n'y a plus d'inquiétudes de surpopulation", a-t-elle observé, avec un taux de fécondité actuel de 1,5 enfant par femme -- "très au-deçà" du seuil de 2,1 enfants supposé garantir le renouvellement des générations.

Inexorable vieillissement

De fait, le problème crucial de la Chine est désormais d'enrayer l'inexorable vieillissement de sa population après trois décennies de contrôle des naissances.

La population chinoise en âge de travailler a diminué l'an dernier pour la première fois depuis 1963, selon le gouvernement, et les Chinois âgés de plus de 60 ans devraient représenter 30% de la population totale en 2050, contre 10% en l'an 2000, prévoit l'Onu.

L'assouplissement "est justifié par des motivations économiques, Pékin commence à s'inquiéter des pénuries de main-d'oeuvre qui pourraient se produire d'ici à une vingtaine d'années, ou même avant", a expliqué Cheng Li, directeur de recherche d'un centre de la Brookings Institution à Washington.

Mais ce début de réforme ne suffira pas, car la chute du taux de fertilité en Chine n'est pas seulement due à la politique de l'enfant unique.

Le taux de stérilité en Chine a été multiplié par quatre en l'espace de 20 ans, et l'envolée des prix de l'immobilier, de l'éducation et des services médicaux a dissuadé nombre des couples autorisés à avoir un second enfant de profiter de ce droit.

"Au cours des dix dernières années, la politique de l'enfant unique est devenue de moins en moins pertinente. La classe moyenne se fiche des restrictions car elle peut se permettre de payer les amendes", a souligné M. Li.

Tous les couples n'ont pas cette chance, et selon les détracteurs de la loi, les cas d'application brutale restent fréquents, avec stérilisations forcées voire avortements imposés alors que la grossesse est déjà très avancée.

La loi "continue de limiter strictement les droits de reproduction" d'une grande partie de la population, et "la réforme ne signale aucun changement" visant à prévenir les abus, a regretté Nicholas Bequelin, chercheur de l'ONG Human Rights Watch à Hong Kong.

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