FURIANI (Haute-Corse) (AFP)
Une centaine de personnes s'est réunie samedi en fin de matinée
au stade de Furiani (Haute-Corse) pour les 20 ans de ce drame qui
avait fait 18 morts et plus de 2.300 blessés, après
l'effondrement d'une tribune.
Les familles des victimes et plusieurs survivants, dont une femme
en fauteuil roulant, ont déposé tour à tour des gerbes de fleurs
et des plaques commémoratives devant la stèle en honneur aux
victimes. En silence, la plupart des personnes ne cachaient pas
leur émotion.
Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël
Le Graët, présent depuis hier dans l'île pour ces commémorations,
s'est aussi recueilli devant la stèle, au côté du président de la
Ligue Corse de football, Marc Riolacci.
"Le drame de Furiani est commémoré par la +France du football+
car aucune rencontre ne va se dérouler aujourd'hui que ce soit en
Ligue 1, Ligue 2, National, CFA...", a déclaré Noël Le Graët, qui
a assisté vendredi à un "Tournoi du Souvenir" rassemblant des
équipes de jeunes sur le stade de Lucciana, près de Bastia.
Interrogé sur une possible "sacralisation" de cette journée du 5
mai demandée par le Collectif des victimes qui souhaite que plus
aucune rencontre ne se déroule ce jour-là, M. Le Graët a déclaré
qu'un comité de suivi avait été mis en place et qu'il rendrait
ses conclusions probablement en septembre.
La FFF analysera ces propositions et décidera ensuite la façon
dont elle compte commémorer le drame de Furiani, a-t-il précisé.
Du côté du Collectif des victimes, cette commémoration du 5 mai
n'est pas qu'une affaire "corso-corse", a expliqué Lauda
Giudicelli, dont le père est mort dans la catastrophe.
"On a le sentiment d'être enfin entendu par les instances du
football. Et c'est en partie grâce à notre pétition contre la
tenue des matches le 5 mai qui a réuni plus de 40.000
signatures", a-t-elle assuré à l'AFP.
A l'issue de la cérémonie, une oeuvre d'art offerte par l'Union
des journalistes de sport en France (UJSF) a été dévoilée dans la
salle de presse du stade. La sculpture en métal, réalisée par
l'artiste Jean-Alexandre Delattre, représente un hommage aux
quatre journalistes victimes de cette catastrophe et dont les
noms figurent sur le socle.
Dans l'après-midi, d'autres commémorations étaient prévues devant
la stèle. L'évêque de Corse, Monseigneur Olivier de Germay,
viendra ensuite donner sa bénédiction, avant une messe prévue à
18h00 en la cathédrale Sainte-Marie de Bastia.
Le 5 mai 1992, quelques minutes avant le coup d'envoi de la
demi-finale de Coupe de France opposant le SC Bastia à
l'Olympique de Marseille, dans le stade chauffé à blanc, une
tribune métallique géante de 10.000 places s'effondrait comme un
château de cartes.