PARIS (AFP)
Chalon-sur-Saône veut couronner sa saison remarquable par un
premier titre de champion de France de basket samedi (17h00) face
au Mans lors de la dernière finale de ProA disputée à Bercy.
Avant qu'on revienne au format d'une finale au meilleur des cinq
matches, Chalon compte profiter jusqu'au bout d'un endroit qui
l'inspire pour réussir un triplé Coupe-championnat-Semaine de As
qui n'a plus été réalisé depuis le Pau-Orthez de Boris Diaw et
des frères Pietrus en 2003.
Le Mans arrive dans la position du challenger à cause d'un passé
récent moins glorieux même si son armoire à trophée compte déjà
quatre titres de champion de France.
La soirée s'annonce excitante, entre les deux meilleures attaques
de ProA, et tendue car l'enjeu est double avec le titre de
champion mais aussi un ticket direct pour l'Euroligue, le
finaliste devant se contenter d'une place au tour qualificatif de
la C1 qui n'a rien d'une sinécure.
Le Mans, dont c'est la onzième finale de ProA, arrive avec
l'avantage de l'expérience. Chalon débarque avec le vent en
poupe. Même si ce n'est que sa première finale de championnat,
l'Elan n'est pas né de la dernière pluie et peut se targuer
d'avoir déjà joué quatre finales en un peu plus d'un an.
Il en a perdu une, celle de l'Eurochallenge en avril, et a gagné
les trois autres, à la Semaine des As en février à Roanne et les
deux dernières finales de la Coupe de France, à chaque fois à
Bercy.
"Je n'ai encore jamais perdu une finale sur un match sec en
France" insiste l'entraîneur Grégor Beugnot, personnage
emblématique du basket français qui aimerait bien clouer le bec à
ceux qui lui rappellent trop souvent qu'il a perdu ses cinq
finales du championnat à ce jour."On est bien physiquement même
si les joueurs ont 63 matches dans les jambes. Ils ne sont pas du
tout rassasiés. Ils sont en mission", ajoute Beugnot qui compte
sur ses leaders, Blake Schilb et Steed Tchicamboud.
"Douce euphorie"
Au vu de sa saison, Chalon mérite sans doute le titre. Mais
Gravelines, premier de la saison régulière éliminé par Cholet dès
les quarts, l'aurait mérité tout autant. Et les Manceaux avancent
avec la foi des miraculés, après le camouflet à domicile face à
Nancy en ouverture des play-offs.
"Chalon est la seule équipe que nous n'avons pas battue cette
saison (défaites 99-91 a.p. et 80-77), souligne l'entraîneur JD
Jackson. Mais à chaque fois ça s'est joué à la dernière
possession. Nous sommes très motivés."
Vainqueurs au forceps de Nancy et de Cholet, le MSB forme une
équipe qui semble capable de revenir de tout, comme la saison
quasi blanche de son meneur Antoine Diot. Ou encore la récente
blessure de Henri Kahudi, remplacé par Antoine Eito, qui a
l'occasion de devenir champion de France quelques semaines après
avoir été relégué en troisième division avec Vichy.
"On n'était pas forcément attendu en finale, dit le président
Christophe Le Bouille. Il y a une douce euphorie, sans pression,
juste de l'excitation."
Chalon pour sa part devra assumer son statut. "Il faut qu'on
aborde ce match comme une finale de Coupe de France. Si on donne
de l'importance au trophée, au billet pour l'Euroligue, on va se
mettre la pression", prévient Beugnot.
Car l'enjeu est bien réel. "Evidemment que la finale du
championnat est la finale la plus importante, souligne le
président de l'Elan, Dominique Juillot. Car c'est elle qui
consacre un club dans une discipline."