DONETSK (Ukraine) (AFP)
Le sélectionneur Roy Hodgson, intronisé en avril à la hâte et à
la surprise générale, a réussi son premier examen en qualifiant
l'Angleterre pour les quarts de finale de l'Euro-2012 où il lui
faudra affronter une redoutable équipe d'Italie.
En s'imposant face à l'Ukraine (1-0, but de Rooney) mardi à
Donetsk, les Anglais n'ont finalement fait que ce qu'attendaient
leurs bouillants supporteurs et les médias: sortir d'un groupe "à
leur portée" composé, outre le co-organisateur ukrainien, de la
France et de la Suède.
Mais si la suite s'annonce plus complexe, Hodgson ne doit tout de
même pas bouder son plaisir tant son équipe était touchée par une
guigne incroyable.
Il y eu d'abord l'affaire Terry l'hiver dernier. Accusé de
racisme dans un dossier qui sera jugée après l'Euro, il avait été
privé du brassard de capitaine par la Fédération en février. La
décision avait alors provoqué la démission du sélectionneur
italien Fabio Capello, qui la désapprouvait.
Durant la période de préparation, quatre joueurs ont ensuite été
contraints de déclarer forfait: le gardien N.2 John Ruddy
(fracture d'un doigt), les deux milieux de terrain Frank Lampard
(abdominaux) et Gareth Barry (cuisse) ainsi que le défenseur
central Gary Cahill (double fracture de la mâchoire).
Il a aussi fallu compter avec la suspension de Wayne Rooney,
obligé de regarder des tribunes ses camarades affronter la France
et la Suède.
Intronisé dans l'urgence fin avril, Roy Hodgson aurait sans doute
aimé entamer sa mission dans des conditions un peu plus sereines.
Qualifié par la presse nationale de "Monsieur Moyen", le
technicien de 64 ans à, pour l'instant, réussi à confondre ses
détracteurs, ceux-là même qui le jugeaient incapable de diriger
une équipe de haut niveau après son passage manqué à Liverpool
(2010), la seule expérience qui ait vraiment suscité l'intérêt
des médias et du public anglais.
De "Monsieur Moyen", Hodgson parviendra-t-il à devenir "Monsieur
Plus" ?
Ce sera sans doute la cas si l'Angleterre parvient en
demi-finales, comme à l'Euro-1996. Cet été-là, la sélection aux
Trois Lions, évoluant à domicile pour ce que les organisateurs
appelaient le "retour à la maison du football", avait enchanté
public et médias tout au long de son parcours. L'artiste Paul
Gascoigne avait aussi fait exploser de joie Wembley avec le plus
beau but du tournoi. L'Allemagne, futur vainqueur, et les tirs au
but allaient mettre fin à la belle aventure de la bande à
Gascoigne, Shearer et autre Sheringham.
Depuis, l'Angleterre, dont le Championnat est pourtant l'un des
plus relevés au monde, ne s'est fait remarquer que par sa
médiocrité. Eliminée au premier tour en 2000 et en quart de
finale quatre plus tard, elle ne s'est même pas qualifiée pour
l'édition 2008. Avec une défaite humiliante dans son antre de
Wembley devant la Croatie alors qu'il ne lui manquait qu'un point
pour valider son ticket!
En coupe du monde, ce n'est guère plus brillant. Eliminée en 8e
de finale en 1998, en quarts en 2002 et 2006, elle comptait sur
la science de Fabio Capello pour la faire grimper au sommet de la
planète foot, comme lors de son seul sacre en 1966. Hélas,
l'Allemagne se trouvait encore sur sa route pour lui infliger une
nouvelle désillusion (4-1).
"Par rapport à 2010, il règne une tout autre ambiance dans les
vestiaires et nous avons une énorme confiance en nos moyens", a
relevé Steven Gerrard.
Le temps presse pour la génération Terry-Gerrard, âgés de 32 ans,
qui vit peut-être son dernier grand tournoi international.