KIEV (AFP)
Le sélectionneur de l'équipe de France Laurent Blanc a gagné son
pari: en se qualifiant pour les quarts de finale de l'Euro-2012,
la condition préalable fixée par le président de la FFF, il est
désormais en position de force pour prolonger un contrat qui
s'arrête fin juin.
"Cela a été très clair, j'ai émis le souhait de continuer en
équipe de France, avait-il rappelé le 6 mai pour la énième fois.
Je ne mettais pas les résultats de l'Euro dans la balance. Cela
ne se passe pas comme ça, j'en prends acte."
La qualification validée mardi à Kiev, malgré la défaite (2-0)
contre la Suède en clôture du groupe D, restera donc peut-être
comme l'épilogue d'un sujet sensible depuis l'arrivée de Noël Le
Graët à la tête du football français en juin 2011.
"On n'en parlera plus", avait même tranché en janvier +NLG+ en
reconnaissant des "divergences d'appréciation". "Ce qui nous
sépare c'est une date de signature de contrat. Le juge de paix
est la compétition. Chacun reste sur sa position mais de façon
intelligente et aimable".
Bon gestionnaire, le Breton avait en effet conditionné à un bon
parcours à l'Euro la rallonge contractuelle de son sélectionneur,
nommé pour deux ans au sortir d'un Mondial-2010 catastrophique
par son prédécesseur Fernand Duchaussoy qui avait alors quasiment
accepté toutes les conditions exigées par le champion de France
2009 avec Bordeaux.
C'est chose faite et Blanc, qui avouait commencer à être attentif
aux "clubs étrangers", est désormais en position de force.
Alors que Le Graët, engagé dans la guerre de l'image et des
symboles, a constamment cherché à réduire le train de vie des
Bleus et rogner sur les dépenses jugées inutiles, le Cévenol
pourrait même avoir le dernier mot sur tout en se rapprochant
encore plus de la finale.
Après deux ans d'un mandat initié dans la douleur par deux
défaites, il présente en tout cas un bilan sportif plus
qu'acceptable.
Avant la défaite contre la Suède, Blanc et ses joueurs étaient
restés invaincus durant 23 matches, la 2e plus longue série de
l'histoire de la sélection après celle de Jacquet (30) entre 1994
et 1996.
Et Blanc a semble-t-il obtenu l'assentiment de son groupe, qui
adhère à son projet, sa méthode et respecte l'ex-immense joueur
qu'il a été.
"Jusqu'à présent, Blanc n'a fait que des choix gagnants, l'a même
encensé Clichy. Cela montre qu'il connaît bien le foot."
"Contre vents et marées, il n'a pas écouté les critiques", s'est
pour sa part félicité un Ribéry tiré de sa descente aux enfers
par Blanc. "C'est la plus belle marque de confiance qu'on puisse
avoir".
Côté négatif, Blanc, qui a hérité de la 21e équipe au classement
FIFA, n'a pas encore réussi à la ramener dans le Top 10 (14e).
Et s'il a réussi à améliorer globalement l'appréciation générale
des Bleus, en guerre ouverte avec l'opinion publique en juillet
2010, l'équilibre est instable et les insultes de Nasri le 11
juin ont rappelé qu'un dérapage était toujours possible.
Mais il faut bien que Blanc ait encore du travail d'ici le
Mondial-2014!
"On a rendez-vous après l'Euro, quoi qu'il arrive et pas avant",
assurait encore le président de la FFF il y a quelques jours.
Histoire de ne pas perdre trop de temps, les deux hommes peuvent
quand même commencer à regarder leur agenda.