KIEV (AFP)
Une Allemagne qui séduit, des matches spectaculaires, Cristiano
Ronaldo ou Andrea Pirlo qui régalent, aucun 0-0: la phase de
poules de l'Euro-2012 a tenu ses promesses. Vivement la suite
avec dès jeudi le premier quart de finale, Portugal-République
tchèque.
. Les équipes
Grandes favorites de l'épreuve, l'Espagne et l'Allemagne ont
terminé en tête de leur groupe mais n'ont pas laissé la même
impression. Avec trois victoires, sur des scores certes étriqués,
la Mannschaft est sortie sans trembler du groupe B, dit "de la
mort". Elle semble très forte, d'autant qu'Ozil peut faire mieux.
Les champions du monde et d'Europe ont eux impressionné une fois,
mais ce n'était que contre l'Eire (4-0). Pour le reste, ils ont
dominé l'Italie mais fait match nul (1-1) et ont souffert
jusqu'au bout face à la Croatie (1-0) avec un énorme arrêt de
Casillas à 0-0. L'Espagne devra sans doute en faire un peu plus
pour conserver son titre, et dès samedi lors de son quart de
finale contre la France.
Derrière ces deux géants, le Portugal a fait bonne impression
après des débuts ratés (défaite 1-0 contre l'Allemagne) et fait
figure de véritable outsider, tout comme la France, qui a raté
son dernier match contre la Suède (0-2) après deux belles
prestations. L'Italie et l'Angleterre, 1re du groupe D, est
également au rendez-vous.
La plus grande déception est venue des Pays-Bas, finalistes du
Mondial et éliminés piteusement avec trois défaites et un jeu
indigne d'une équipe comprenant de tels talents.
L'Ukraine et la Pologne, les pays-hôtes, ont été éliminés.
. Les joueurs
Critiqué pour un début de compétition en demi-teinte, Cristiano
Ronaldo a répondu de façon spectaculaire avec un match
extraordinaire contre les Pays-Bas (deux buts, deux poteaux et
une soirée de cauchemar pour son adversaire direct Van der Wiel).
Dans la foulée de sa superbe saison avec le Bayern Munich,
l'Allemand Mario Gomez a lui frappé fort avec trois buts dès les
deux premiers matches.
Avec l'Italie, "l'architecte" Andrea Pirlo, 33 ans, rayonne plus
que jamais. Un but, deux passes décisives: le Turinois est en
pleine forme et porte une "Nazionale" qui pourrait surprendre.
Au premier rang des déceptions figure Robin Van Persie, 30 buts
avec Arsenal, un seul avec les "Oranje" et un match affreux
contre le Danemark. Mais toute son équipe est une déception.
Le Suédois Ibrahimovic est plus difficile à juger. Il a été la
première des "stars" à être éliminé et son positionnement en N.10
n'a pas forcément convaincu. Mais sans lui, les Suédois ne
seraient probablement pas à l'Euro et il a surtout marqué le plus
joli but de ce 1er tour, -avec celui de l'Anglais Welbeck- d'une
reprise de volée acrobatique contre la France.
Enfin, le Russe Arshavin a vécu un Euro à l'image de sa carrière:
brillant en ouverture contre les Tchèques, il a disparu ensuite,
et son équipe avec lui.
Parmi les révélations de cet Euro, on peut citer les attaquants
russe Dzagoev et croate Mandzukic, tous deux auteurs de trois
buts en phase de poule. En défense, le jeune allemand Mats
Hummels a été remarquable.
. Les chiffres
Cet Euro a été correct en terme d'efficacité puisque après 24
matches, 60 buts ont été inscrits soit une moyenne de 2,5 par
match, légèrement supérieur à celle des deux derniers Euros (2,48
en 2004 et 2008). Et surtout aucun match ne s'est fini sur le
score de 0-0 lors de ce 1er tour.
C'est une première, les arbitres sont désormais cinq à chaque
match. "Comment ça se fait qu'on marque plus de buts dans ce
championnat ? Je crois que vous connaissez la réponse:
l'arbitrage à cinq facilite les choses", a déclaré le président
de l'UEFA Michel Platini. L'expérience est pour l'heure
relativement concluante. Dans deux cas, une frappe de Pepe
rebondissant sur la ligne lors de Portugal-Allemagne et la tête
de l'Italien Cassano franchissant la ligne avant de ressortir
contre l'Eire, les arbitres ont pris la bonne décision.
L'exception reste la frappe de l'Ukrainien Devic, qui n'a pas été
accordée contre l'Angleterre alors que le ballon avait franchi la
ligne.
Parmi les curiosités de ce 1er tour, on peut noter que remporter
son premier match n'était pas la meilleure des idées: Russie,
Danemark, Croatie et Ukraine étaient en tête de leur groupe après
la première journée mais ont été éliminés.