KIEV (AFP)
L'arbitrage à cinq, défendu par le président de l'UEFA Michel
Platini, a subi un coup dur mardi à l'Euro avec un but qui aurait
dû être accordé à l'Ukraine face à l'Angleterre, ce qui a poussé
Joseph Blatter, président de la Fifa, à rappeler son soutien à la
technologie sur la ligne de but.
"Après le match d'hier, la technologie sur ligne de but n'est
plus une possibilité, c'est une nécessité", écrit en anglais
Blatter sur son compte Twitter.
L'intervention du grand patron du football mondial n'est pas
anodine, alors que cet Euro en Ukraine et en Pologne était
l'occasion de tester pour la première fois l'arbitrage à cinq
lors d'un grand tournoi international.
Or, malgré la présence d'un assistant supplémentaire placé à la
hauteur de la ligne de but, l'arbitre hongrois Viktor Kassai n'a
pas accordé de but à l'Ukraine alors que le tir contré de Devic
avait manifestement franchi la ligne avant d'être dégagé par
l'Anglais Terry. L'Angleterre menait alors 1-0, score sur lequel
elle s'est finalement imposée.
Cette erreur rappelle le 8e de finale du Mondial-2010 entre
l'Allemagne et l'Angleterre. L'Allemagne menait 2-1 quand
l'Anglais Lampard expédiait une frappe qui touchait la
transversale de Neuer avant de rebondir nettement derrière la
ligne. L'arbitre n'accordait pas le but et l'Allemagne
l'emportait finalement 4-1.
C'est justement ce que Platini voulait éviter à tout prix. Un
temps partisan de l'introduction de l'assistance vidéo à
l'arbitrage, l'ancien N.10 des Bleus plaide depuis maintenant
plusieurs années en faveur de l'arbitrage à cinq.
"Je suis un mec de conviction, je ne peux pas changer, il y a eu
4-5 faits bien précis en Ligue des champions ces deux dernières
années, pour juger +balle rentrée-pas rentrée+, et les arbitres
additionnels ont pris la bonne décision", expliquait-il au mois
de mars dans un entretien avec l'AFP."
Mais cette fois-ci, ça n'a pas été le cas. Par deux fois lors de
cet Euro, le système avait pourtant semblé faire la preuve de son
efficacité: une frappe de Pepe rebondissant sur la ligne lors de
Portugal-Allemagne n'avait pas été validée par l'arbitre français
Stéphane Lannoy et un but avait été accordé à l'Italien Cassano
dont la tête avait bien franchi la ligne avant de ressortir
contre l'Eire.
Mais le tweet de Blatter mercredi semble indiquer que cela ne
suffira pas à laisser la technologie sur ligne de but au rang de
projet, alors que deux systèmes concurrents sont actuellement
testés et qu'une décision à ce propos doit être prise par le
Board, instance garante des lois du jeu, quelques jours après la
finale de l'Euro à Kiev le 1er juillet.
Platini lui-même semble résigné. "Joseph Blatter va le faire",
a-t-il prédit lundi.
"La technologie sur la ligne de but, ce n'est pas le problème. Le
problème c'est l'arrivée de la technologie, car, après, il faudra
de la technologie sur main ou pas main, et puis avant sur le
hors-jeu qui aurait pu se produire, etc. Ce sera comme ça sans
fin, ça ne s'arrêtera jamais, c'est ça mon problème", avait-il
ajouté pour expliquer son opposition au projet.