PARIS (AFP)
Nommé dimanche sélectionneur de l'équipe de France, Didier
Deschamps arrive dans un paysage moins sinistré que Laurent Blanc
en 2010 mais sa tâche reste immense: qualifier les Bleus pour le
Mondial-2014 dans un groupe comprenant l'Espagne, tout en
améliorant l'image d'une équipe qui ne fait pas toujours tout
pour être aimée.
. Objectif Brésil-2014
Le contrat de Deschamps devrait être de deux ans, reconductible
en cas de qualification pour le Mondial à venir. L'objectif est
donc clair: sortir du groupe I des éliminatoires, qui comprend la
Biélorussie, la Finlande, la Géorgie et... l'Espagne, championne
du monde et double championne d'Europe. Seul le vainqueur du
groupe étant directement qualifié, on voit que la marge de
manoeuvre de "DD" est étroite. Si personne ne lui reprochera de
ne pas parvenir à rivaliser avec l'invincible Espagne, encore
sacrée il y a dix jours à Kiev en finale de l'Euro, il est clair
qu'il faudra faire le plein face aux trois autres équipes, à la
portée des Bleus, afin d'assurer sans trembler une place en
barrage. Et profiter d'un improbable mais pas impossible faux-pas
d'Iniesta et des siens.
. Avec quel jeu ?
Laurent Blanc rêvait d'un jeu de possession, regrettait le manque
d'intelligence tactique de ses joueurs et faisait du modèle
espagnol une référence. Le quart de finale de l'Euro (défaite
2-0) a montré que l'élève était bien trop éloigné du maître pour
espérer lui ressembler et Deschamps devrait revenir à de plus
pragmatiques ambitions. Deschamps entraîneur n'a jamais fait du
"beau jeu" un idéal à atteindre, se concentrant sur la victoire.
Le succès est sa marque de fabrique et c'est ce qu'il est parvenu
à offrir à Marseille, qui attendait cela depuis 17 ans. Pour
cela, il a souvent manié les paradoxes: on le dit adepte des
joueurs physiques et il a confié les clés de l'OM au très fin
Lucho Gonzalez; on lui prête un faible pour les joueurs
expérimentés, mais il n'a pas hésité à s'appuyer sur les frères
Ayew, Nkoulou ou Azpilicueta.
. Avec quels joueurs ?
Pour son premier match avec les Bleus, Blanc avait fait sans les
23 de Knysna. Deschamps n'aura pas ce genre de problème, mais ses
choix quant aux "éléments perturbateurs" de l'Euro seront scrutés
car l'image de l'équipe de France a encore été ternie lors du
printemps ukrainien. L'Euro a montré que l'aura de champion du
monde ne suffisait pas à asseoir l'autorité d'un sélectionneur
mais Deschamps n'a pas peur des conflits et n'hésitera pas à se
passer de joueurs même talentueux s'il juge qu'ils ne répondent
pas à son projet. Parmi les quatre joueurs convoqués devant la
commission de discipline (Nasri, Ben Arfa, Ménez et M'Vila), Ben
Arfa est sans doute celui qui a le plus à craindre. Ses rapports
avec Deschamps ont été conflictuels à l'OM et ce qu'il a montré
sportivement à l'Euro ne risque pas de le rendre incontournable.
Pour le reste, Deschamps a toujours apprécié Alou Diarra, qu'il a
fait venir à Marseille, et sa priorité dès le match amical face à
l'Uruguay le 15 août devrait être la charnière centrale, le duo
Mexès-Rami ayant montré ses limites à l'Euro.