MONACO (AFP)
Vainqueur impeccable du 110 m haies, l'Américain Aries Merritt a
impressionné en vue des jeux Olympiques, égalant de nouveau sa
meilleure performance mondiale alors que la perchiste russe
Yelena Isinbayeva a déçu, vendredi au meeting Herculis de Monaco,
9e étape de la Ligue de diamant.
Londres était évidemment dans toutes les têtes sur le Rocher, où
les athlètes présents souhaitaient couronner leur préparation
d'un bon résultat, Monaco étant le dernier grand rendez-vous
avant les Jeux. Mais non loin du célèbre casino, les fortunes
furent diverses. A ce petit jeu, Aries Merritt peut se réjouir.
Le champion du monde en salle est bien le plus régulier des
hurdleurs. Une semaine après avoir égalé sous la pluie sa MPM au
meeting de Crystal Palace (12.93 réalisés début juillet aux
sélections américaines), l'Américain a remis le couvert dans de
bien meilleures conditions climatiques.
Le champion du monde Jason Richardson (13.07) émarge un degré
en-dessous. La lutte face au Chinois Liu Xiang promet en tout cas
beaucoup pour les Jeux, sans oublier la possible résurgence du
Cubain Dayron Robles, qui avait annulé sa venue à Monaco.
Le Russe Sergey Shubenkov (13.09, record de Russie égalé) a aussi
marqué des points. Le Français Garfield Darien lui, apparaît un
peu loin pour lutter pour le podium londonien (13.27), et Dimitri
Bascou encore plus (13.54).
Zéro pointé pour la Tsarine
Au contraire d'Aries Merritt, Isinbayeva a elle connu une énorme
désillusion. La Tsarine de la perche avait décidé de marquer de
son empreinte la 9e étape de la Ligue de diamant avec, pour
commencer, une entrée à 4,70 m.
Mais trois échecs à cette hauteur sont venus fermer le visage de
la Russe, qui partira donc à Londres sans certitude pour devenir,
peut-être, la première athlète femme à obtenir un 3e titre
olympique consécutif.
"J'étais prête pour sauter, mais tout est allé différemment de ce
qui était prévu. Je suis physiquement et mentalement prête pour
les Jeux, mais bien sûr, en tant qu'être humain, je m'inquiète
comme n'importe quel compétiteur", a-t-elle avoué.
Le concours a été remporté par l'Allemande Silke Spiegelburg avec
au passage la MPM avec 4,82 m.
La Française Vanessa Boslak n'a pas non plus connu la réussite,
bloquée à 4,45 m après trois échecs à 4,54 m.
L'Américain Wallace Spearmon a lui aussi connu une déception,
avec sa 3e place seulement sur le 200 m (20.09, vent nul). De
quoi réjouir à distance le Français Christophe Lemaitre, qui
bataillera avec Spearmon derrière les intouchables Jamaïcains
Yohan Blake et Usain Bolt.
La peur de la blessure: c'est ce qu'à entrevu l'Américain LaShawn
Merritt, qui a stoppé son 400 m en raison d'une "crampe à
l'ischio-jambier".
Les relais américain du 4x100 m messieurs et dames ont connu des
fortunes diverses. Les hommes, avec Gatlin et Gay notamment, se
sont octroyés la MPM en 37.61 et lancé un avertissement aux
Jamaïcains. Les dames, en revanche, ont loupé leur course, la
faute à un dernier relais raté entre Tarmoh et Jeter, incapables
de se passer le témoin...
Sur 100 m, la Nigériane Blessing Okagbare a confirmé qu'il
faudrait compter avec elle pour un podium à Londres, avec une
nouvelle victoire sur la distance et un record personnel (10.96,
vent nul).
En clôture, les Kényans ont offert un magnifique 3000 m steeple,
avec la victoire du jeune Conselus Kipruto (17 ans) au finish,
devant Paul Koech (8:03.49 contre 8:03.90), assez loin cependant
du record du monde espéré.
A noter également, le chrono du Kényan Asbel Kiprop, champion
olympique et du monde du 1500 m, auteur de la MPM en 3:28.88.
Plus que dans la tête, lui avait déjà Londres dans les jambes.