LONDRES (AFP)
Ugo Legrand et Automne Pavia, tous deux en bronze lundi à
Londres, ont enrichi la collection de médaille olympique du judo
tricolore avant l'entrée en lice des vrais +poids lourds+ de
l'équipe de France.
Au lendemain de la troisième place de Priscilla Gneto en -52kg,
Legrand (-73kg) et Pavia (-57kg) ont eux aussi accroché le podium
après une journée âpre.
"C'était une très belle et très dure journée. Je suis content
qu'elle se finisse comme ça, en battant le N.1 mondial",
soufflait Legrand.
L'Orléanais, sacré champion d'Europe en avril, s'est en effet
fait peur d'entrée, mené encore à 20 secondes de la fin de son
deuxième combat contre l'Egyptien Hussein Hafiz, avant de
retourner la situation.
"J'en suis sorti avec une boule au ventre et en panique. Du coup,
j'avais moins de cartouches contre (le Néerlandais Dex) Elmont",
racontait-il. Contre cet adversaire rugueux, qui l'avait déjà
battu en demi-finale des Mondiaux-2011, Legrand a trop joué la
montre et "attendu le drapeau" avant de se faire surprendre à 1
minute 30 secondes de la fin du golden score.
Se remotiver a été toute une affaire pour le jeune homme, venu à
Londres pour l'or, finalement conquis par le Russe Mansur Isaev.
"J'ai essayé d'être le plus pro possible". En repêchage, Legrand
sort sans trop de souci le Tadjik Rasul Boqiev avant de dominer
le N.1 mondial sud-coréen, Wang Ki-Chun, dans le match pour le
bronze.
Moins attendue que Legrand, Pavia a finalement eu un parcours
moins complexe. Battue en demi-finale par la future championne
japonaise Kaori Matsumoto - "une défaite logique, elle me
dominait, elle m'a eue" - la Picarde a elle aussi eu du mal à se
remotiver.
Exemptée de repêchage en raison de de son statut de
demi-finaliste, elle retrouvait en combat pour le bronze une
adversaire à sa mesure en la personne de la Hongroise Hedvig
Karakas. "J'étais vidée mais je savais qu'il y avait la médaille
de bronze à aller chercher et je me suis reboostée", expliquait
la jeune femme, ravie à l'idée d'aller enfin boire un verre de
champagne.
Elle le fera sans Gévrise Emane, Lucie Décosse, Audrey Tcheuméo
et Teddy Riner, les véritables stars du judo français, dont on
attend qu'ils décrochent l'or dans la salle olympique Excel,
après les trois appréciables hors-d'oeuvres de leurs coéquipiers.