LONDRES (AFP)
Les basketteurs américains ont battu plusieurs records lors d'une
orgie offensive jeudi aux Jeux de Londres dont celui du nombre de
points marqués dans un match: 156 à 73 face au Nigeria.
Alors que certains medias US commençaient à faire état de leur
ennui à voir leur équipe dominer implacablement mais sans éclat,
les coéquipiers de Kobe Bryant leur ont donné l'occasion de
raconter une belle histoire.
Lorsque Andre Iguodala a transformé un énième tir primé, alors
qu'il restait encore 4 minutes et 36 secondes à jouer, les
calepins ont tous été sortis pour noter que jamais une équipe de
basket n'avait marqué autant de points dans une grande
compétition internationale.
La précédente meilleure marque aux JO datait de 1988 lorsque le
Brésil avait inscrit 138 points contre l'Egypte. Au Championnat
du monde en 1978, les mêmes Brésiliens avaient même passé un
154-97 à la Chine.
Quant au meilleur résultat des Etats-Unis jusque-là, il remontait
aux jeux Olympiques d'Atlanta en 1996 où ils avaient battu la
Chine 133-70.
Tous ces chiffres, qu'on pensait appartenir à une autre époque,
sont désormais caducs, explosés par une équipe qui a battu une
dizaine de ses propres records, d'adresse, de tirs à trois points
et de points inscrits par un joueur sur un match, Carmelo
Anthony, auteur de 37 points.
"On ne peut pas expliquer quand on est dans un soir comme ça.
J'étais dans la zone", a essayé d'expliquer le joueur des New
York Knicks qui a transformé 10 de ses 12 tentatives à trois
points, son équipe terminant sur le total hallucinant de 29 tirs
primés réussis sur 46 tentés.
Mieux que Jordan
"On est tous abasourdis, moi aussi, plus que je ne l'ai jamais
été. Les gars n'arrivaient pas à rater, tout simplement. On a
fait 41 passes décisives. On a fait preuve d'une adresse
incroyable", a commenté l'entraîneur Mike Krzyzewski.
Cela vaut aussi pour les tirs à deux points (30 sur 37!) dont une
grande partie de dunks, ce qui limite le déchet mais n'enlève
rien à une performance que même Michael Jordan et sa Dream Team
de 1992 n'a jamais réussi.
"On ne pense pas à ceux de 1992. On les respecte, on a conscience
des standards qu'ils ont fixés, mais là on joue pour nous et pour
notre pays", a déclaré Anthony, peu enclin à rouvrir un débat qui
a enflammé le début de l'été lorsqu'il s'agissait de désigner la
meilleure Dream Team.
Kobe Bryant, qui avait assuré que l'actuelle battrait celle de
1992, a juste trouvé "génial" d'écrire l'histoire. "Vraiment
spécial", a ajouté la star des Los Angeles Lakers (16 points)
qui, pour expliquer cette orgie offensive, a commenté: "il
s'avère que tout le monde était super chaud ce soir."
Une évidence dès la fin du premier quart-temps (49-23) et encore
plus à la pause (78-45, autre record).
Le score final est d'autant plus dingue que "coach K" a laissé
ses deux principales vedettes, Kobe Bryant et LeBron James, sur
le banc en deuxième période. "On ne voulait pas humilier notre
adversaire, mais il faut bien prendre un tir toutes les
vingt-quatre secondes", a-t-il ajouté, très attentif à ne pas en
faire trop. Mais jeudi c'était quand-même beaucoup.