LONDRES (AFP)
Les exploits de Céline Dumerc dans le tournoi olympique de
basket, où elle a mené la France en demi-finale face à la Russie
jeudi, affolent ses coéquipières qui rivalisent en superlatifs.
Après un premier tour déjà brillant, la meneuse de jeu des Bleus
a livré un match de star NBA mardi en quarts face aux Tchèques.
Avec 23 points, 6 passes et 4 rebonds, elle a fait un récital
façon Tony Parker, avec qui elle partage l'âge (30), le numéro de
maillot (9), le poste et une vraie complicité.
"Félicitations aux filles, quel match... Céline tu m'as fait
kiffer... MVP du tournoi olympique !!!!", a tweeté Tony Parker
mercredi matin, quelques heures avant d'entrer lui même dans
l'arène, en quarts de finale face à l'Espagne.
"Elle est magique", dit Endy Miyem. "Céline ? Pff, une déesse",
souffle Isabelle Yacoubou, complètement sous le charme de "Magic
Caps", son surnom.
Pour Edwige Lawson, c'est simple: "elle est inarrêtable", au
niveau des plus grandes. "J'ai déjà vu ça parce que j'ai eu la
chance de jouer avec de grandes joueuses comme Diana Taurasi ou
Lauren Jackson. Sur cette semaine, elle est à leur niveau, c'est
très très grand. Elle nous porte sur ses épaules et on arrive
très haut avec elles", assure la plus expérimentée des Bleus.
"C'est magnifique d'avoir une meneuse comme ça, une capitaine
comme ça", ajoute Emmeline Ndongue, coéquipière de Dumerc à
Bourges et en bleu.
L'enthousiasme général est d'autant plus marqué que Dumerc,
joueuse très altruiste, n'est au départ ni une "shooteuse" ni une
attaquante comme peut l'être Parker. Elle sortait même d'un
Championnat d'Europe 2011 calamiteux (5,8 points de moyenne) où
elle hésitait à prendre le moindre tir.
"Moi je ne suis pas surpris car j'ai déjà eu une Céline comme
ça", lance Pierre Vincent, qui était aussi longtemps l'entraîneur
de Dumerc à Bourges.
"Je me rappelle d'un match au tournoi de la Fédération à Nevers
où elle avait fait un match stratosphérique et pris le tir de la
gagne sur Sandrine Gruda à neuf mètres, se souvient-il. Et en
conférence de presse, elle n'avait parlé que des autres. J'ai
travaillé beaucoup avec elle. Elle a grandi, elle a eu des
déceptions. L'année dernière au Championnat d'Europe, ce n'était
pas la même."
Comment explique-t-il alors la mue de sa capitaine en reine des
abeilles? "Je sais: c'est l'effet de la cérémonie d'ouverture",
s'esclaffe le sélectionneur.
"Elle est là pour profiter, prendre du plaisir, dit-il. Du coup,
Céline ne réfléchit plus à rien, n'est pas parasitée par le
stress, ce qui a pu lui arriver par le passé. Et elle est juste
phénoménale."
Dumerc confirme: "chaque jour je me réveille et je me rends
compte que je suis aux JO, ça me rend heureuse. Je vais demander
au président de Bourges d'installer des anneaux au Prado (la
salle de Bourges). Les anneaux ça m'anime, c'est un truc de
malade. Je vis les meilleurs moments de ma carrière."