LONDRES (AFP)
Après avoir braqué les Tchèques, les basketteuses françaises
planifient un nouveau casse face à la Russie en demi-finales des
Jeux de Londres jeudi (22h00 française) pour s'assurer la
première médaille olympique de leur histoire.
Plus que jamais, les Bleues méritent leur surnom de "braqueuses"
et ça tombe bien puisqu'elles l'avaient hérité en remportant le
Championnat d'Europe en 2009 grâce à une victoire (69-64) en
finale sur la... Russie.
Depuis, l'équipe russe, qui a succédé au palmarès européen à la
France l'année dernière, a beaucoup changé avec de nouvelles
joueuses, un nouvel entraîneur et un jeu différent aussi.
"Mais nous, on est toujours les mêmes", souligne le timonier
français Pierre Vincent. Cette remarque vaut d'abord pour son
effectif, dont la stabilité et la maturité participent énormément
à son parcours jusque là parfait avec six victoires en six
matches, dont une sur la Russie (65-54) au premier tour.
Ce qui n'a pas changé non plus, c'est cette douce euphorie, cet
"état anormal" comme le qualifie Vincent, qui anime son équipe,
sur un nuage à l'image de sa capitaine Céline Dumerc, portée par
la flamme olympique.
"Vidées émotionnellement" après leur victoire renversante (71-68)
sur les Tchèques mardi soir, à l'image d'Isabelle Yacoubou qui a
en plus eu à encaisser la demande en mariage de son copain, les
coéquipières de Dumerc, qui réclamait en plaisantant "quatre
Stilnox pour s'endormir", avaient presque quarante-huit heures
pour se remettre de leur émotions.
Quarante-huit heures durant lesquelles l'écho de leurs exploits a
pris de l'ampleur, jusqu'à faire l'ouverture des journaux
télévisés en France, un honneur rare pour le basket féminin.
"On sera prêt. On a maintenant deux matches pour gagner une
médaille", assure Edwige Lawson face à la perspective de
rencontrer au pire le perdant du choc entre les grandissimes
favorites américaines et l'Australie dans le match pour la
troisième place samedi.
"A mon avis il faut mieux gagner le premier, après c'est quand
même l'Australie. On a fait l'exploit une fois, c'est dur de le
faire deux fois. La Russie c'est le match où il faut tout
donner", ajoute Lawson qui, comme tout le monde, ne voit pas trop
comment l'or pourrait échapper aux Américaines.
"Les Etats-Unis, c'est quelque chose de différent, estime
Vincent. Mais j'avais dit avant le tournoi qu'on n'était pas à
l'abri d'une perf puisque l'Australie et la Russie n'étaient pas
aussi intouchables qu'on pouvait le penser. Il s'est avéré que
oui. Maintenant on va aller chercher le bonus."
Car les Bleues sont plus ambitieuses que jamais. "Cette
demi-finale est magique, souligne Dumerc. Mais l'histoire, elle
s'écrit plus tard. Moi j'ai encore envie d'écrire une page avec
cette équipe."