LONDRES (AFP)
Christophe Lemaitre espérait signer le casse du siècle jeudi soir
sur le 200 m des JO de Londres, mais il a été arrêté par un trio
de Jamaïcains volants et c'est une Québécoise de 25 ans, Marlène
Harnois, qui a décroché la seule médaille bleue du jour, en
taekwondo.
Sur le demi tour de piste la dernière médaille française ne
remonte certes pas à un siècle, mais à 1960, aux Jeux de Rome. Et
Christophe Lemaitre devra encore attendre au moins quatre ans et
Rio pour espérer ajouter son nom à celui de Abdoulaye Seye.
Mais Usain Bolt, Yohan Blake et Warren Weir étaient trop rapides,
et le "TGV de Culoz" est arrivé très en retard, loin derrière, à
la 6e place. Très loin surtout de Bolt, quintuple champion
olympique et seul homme à avoir signé deux fois de suite le
doublé 100-200 m aux JO.
Déception donc pour le sprinteur savoyard, et pour tout
l'athlétisme bleu, encore bien faiblard jeudi, avec l'élimination
sur disqualification du relais 4x100 m féminin dès la première
série, et la 6e place de Benjamin Compaore au triple saut.
Pour les exploits, il fallait en fait chercher ailleurs que chez
les Bleus, et notamment chez les Kényans, avec le sacre
olympique, record du monde à la clef, de David Rudisha sur 800 m,
au bout d'une course menée de bout en bout.
Les représentants tricolores ont collectionné les désillusions
jeudi, à commencer par les footballeuses qui, à défaut d'aller
chercher de l'or dans la mine de Wembley face aux Etats-Unis,
était réduite à ferrailler avec le Canada, dans l'ancienne cité
industrielle de Coventry (centre), pour se forger une médaille en
bronze.
Mais les Bleues de Bruno Bini ont dû se contenter de la 4e place,
comme lors du Mondial 2011. La faute à un but des joueuses à la
feuille d'érable à la dernière seconde ou presque du temps
réglementaire, à l'issue d'un match que les Françaises avaient
pourtant copieusement dominé, comme lors de la demi-finale face
aux Championnes du monde japonaises.
Pour débloquer le compteur des médailles bleues, bloqué à 28
depuis mardi soir, l'équipe de France olympique avait d'autres
cartouches. Et l'une d'entre elles a touché sa cible.
Marlène Harnois, la Québécoise de l'équipe de France, née à
Montréal et aujourd'hui passée sous le soleil d'Aix-en-Provence,
espérait ainsi un podium en taekwondo, dans la catégorie des 57
kg. Pari réussi, au bout de la nuit, pour la double championne
d'Europe (2008, 2012) et médaillée de bronze des Mondiaux 2011,
face à la Japonaise Hamada Mayu.
Championne du Canada juniors, à 11 ans, elle a choisi la France
en 2001. Dans le cadre d'une programme de solidarité
francophone...
Pour sauver la face d'une délégation française de plus en plus
amorphe dans cette deuxième semaine olympique, il y avait encore
jeudi soir les équipières de Céline Dumerc, sur le parquet de la
North Greenwich Arena, en demi-finale, à 21h00 (22h00 heures
françaises). En face d'elles, les Russes, les mêmes contre qui
elles avaient gagné leur label de "braqueuses" en enlevant à la
surprise générale le Championnat d'Europe 2009.
Une victoire, et ce sera au moins une médaille d'argent de plus,
l'or paraissant d'ores et déjà réservé aux Américaines,
quadruples championnes olympiques sortantes.
Pendant que les Français patinaient, Américains et Chinois
continuaient eux à planer en tête du classement des nations,
autour des 80 médailles. Bien au dessus des 29 médailles bleues,
dont 8 en or.
De même, les Britanniques, 3e au classement des nations,
continuaient leur razzia historique, avec 24 médailles d'or.
Parmi celles-ci, il y en avait une qui brillait un peu plus que
les autres jeudi: celle de Nicola Adams, une Anglaise de 29 ans
venue de Leeds, première femme sacrée championne olympique de
boxe.
Le Noble art, un des derniers bastions masculins, est en effet
tombé pour de bon cet été dans la capitale britannique, où les
femmes gants aux poings ont foulé pour la première fois un ring
olympique, plus d'un siècle après les messieurs.