LONDRES (AFP)
Les basketteuses françaises se sont offerts une finale de rêve
contre les Etats-Unis aux jeux Olympiques de Londres après leur
victoire 81 à 64 sur la Russie, jeudi.
Douze ans après Antoine Rigaudeau et les médaillés d'argent de
Sydney, les Bleues vont s'attaquer à leur tour à la forteresse
américaine, quadruple tenante du titre, pour un nouvel exploit,
le plus grand de tous.
Elles savent que ce sera compliquée, face à une équipe invaincue
aux JO depuis vingt ans. Mais en attendant, elles sont déjà
assurées de remporter leur première médaille olympique, un an
après le bronze à l'Euro-2011 et trois ans après avoir remporté
le titre européen en Lettonie.
Appelées "les braqueuses" depuis ce coup d'éclat, elles ont surfé
sur la vague de confiance qui les porte depuis leur arrivée à
Londres pour battre la Russie pour la deuxième fois en quatre
jours, ce qui mérite une statue en soi.
Déjà victorieuses des Russes 65-54 lors de leur dernier match du
premier tour, les Françaises ont enfoncé le clou lors d'une
partie autrement plus importante qu'elles ont survolé de A à Z
avec une maestria incroyable.
Malgré l'enjeu, elles ont commencé le match avec une sérénité
incroyable. Elles ont capitalisé tout le long sur une défense
hors-norme, tout en trouvant des solutions en attaque, sans même
que Céline Dumerc, la héroïne bleue, ait dans un premier temps
besoin d'intervenir.
L'autre meneuse, Edwige Lawson (18 points), la seule à avoir
connu les JO de Sydney, a pris le relais avec des tirs primés qui
ont fait un bien terrible aux Bleues, pour creuser l'écart
(29-15) et le maintenir sur la fin.
A la pause, l'avantage de sept points (38-31) était vraiment un
moindre mal pour la Russie, déjà dominée par la France en finale
de l'Euro-2009.
Elle s'est même rapprochée à un moment à deux points (42-40).
Mais Emilie Gomis (15 points) et Céline Dumerc (11 points) ont
alors relancé la machine, comme si la capitaine avait attendu que
ça devienne serré pour briller.
Elle a réussi un nouveau triplé fabuleux à la sirène pour
permettre à son équipe de reprendre huit points d'avance à la fin
du troisième quart (59-51).
Décidément intouchables, les Bleues ont ensuite survolé le
dernier acte pour sceller leur place en finale et marcher dans
les pas d'Antoine Rigaudeau et des médaillés d'argent de Sydney,
déjà face aux USA.
Ce sera encore très difficile samedi (22h00 françaises) contre
les Américaines, invaincues aux JO depuis Barcelone en 1992 et
quarante matches après leur victoire 86-73 sur l'Australie dans
la première demi-finale jeudi.
Mais la France, première équipe européenne à se hisser en finale
depuis la CEI en 1992, finira au pire avec une médaille d'argent,
un superbe résultat pour un groupe né sur les cendres d'un
Euro-2007 funeste, sanctionné par une non-qualification pour les
Jeux de Pékin.
Leur mérite est d'autant plus grand qu'elles ont été obligées de
passer par un tournoi de qualification fin juin à Ankara. L'étape
turque s'est avérée comme un mal pour un bien, puisqu'elles sont
arrivés à Londres avec déjà seize matches dans les jambes depuis
le début de l'été, pour quatorze victoires.
Depuis, elles se sont appuyées sur ce matelas de confiance pour
réussir ce parcours de rêve. Qui vivra jusqu'au bout du tournoi
samedi, et sans doute au-delà, avec en ligne de mire le prochain
Euro, organisé en France en 2013.