STOCKHOLM (AFP)
A l'image de la championne olympique de la perche, l'Américaine
Jennifer Suhr, incapable de franchir la moindre barre, la plupart
des stars des JO de Londres paraissaient fatiguées vendredi à
Stockholm, lors de la 10e étape de la ligue de diamant
d'athlétisme.
Seule Yuliya Zaripova, titrée sur 3000 m steeple il y a dix
jours, a chronométriquement tiré son épingle du jeu, améliorant
de 1 sec 60/100 sa meilleure performance mondiale de la saison
pour la porter à 9:05.02 au terme d'une course sans adversité qui
lui a sans doute coûté une poignée de secondes.
"Je suis heureuse, pas de record mais un beau temps tout de
même", soufflait-elle à l'arrivée.
Le Kenyan Isiah Kiplangat Koech a lui manqué d'une seconde
égaliser le meilleur chrono de l'année du 3000 m, propriété de
son compatriote Augustine Kiprono Choge en 7:30.43.
L'athlète du Bahrein Maryam Yusuf Jamal a profité de l'absence
des deux turques qui l'avaient devancé lors du 1500 m olympique,
Asli Cakir Alptekin et Gamze Bulut, pour s'imposer en un
honorable 4:01.20.
Hormis ces exceptions, pas la moindre performance à saluer pour
fêter dignement le centenaire des jeux Olympiques de Stockholm et
de leur sublime stade, inondé dans l'après-midi par une pluie
diluvienne qui avait à peine eu le temps de s'évaporer.
L'Américain Michael Tinsley a ainsi pris sa revanche sur le
Dominicain Felix Sanchez sur 400 m haies mais en seulement 48.50,
Sanchez terminant 2e à 48.93, 1 sec 30/100 de plus qu'à Londres.
Avec des circonstances atténuantes toutefois.
"Mes jambes sont fatiguées, mon corps est sur pilotage
automatique", avouait le double champion olympique (2004/2012)
rentré en République dominicaine en début de semaine et tout
fraîchement revenu en Europe. "Mais je suis heureux parce que je
suis en bonne santé et pas blessé après cette superbe saison."
Grosse lassitude également pour les coureuses du tour de piste.
L'Américaine Sanya Richards-Ross a confirmé son titre olympique
dans le temps médiocre de 49.89 et fut la seule des concurrentes
à descendre sous les 50 secondes.
En l'absence d'Allyson Felix, l'Américaine Charonda Williams
s'est imposée sur 200 m en 22.82 et sa compatriote Dawn Harper,
privée de la concurrence de la championne olympique
néo-zélandaise du 110 m haies Sally Pearson, blessée au dos, n'a
pas fait d'étincelles non plus, s'imposant en 12.65 devant sa
compatriote Kellie Wells.
Pas d'étoiles non plus sur 100m en l'absence des stars
olympiques. Seul l'Américain Ryan Bailey en 9"93 (vent +0.7) est
descendu sous les 10 secondes.
La Russe Anna Chicherova a elle aussi légèrement déçu à la
hauteur. Victorieuse, certes, avec 2,00 m mais loin du record du
monde (2,10m) qu'elle avait quasiment annoncé à Stockholm dans la
foulée de son titre olympique, elle s'est excusée auprès du
public d'être "si fatiguée".
L'Américain Christian Taylor, vainqueur du triple saut, a lui
évoqué la "décompression" post-londonienne et confirmé être "dans
une forme ascendante" que son petit 17,11 m, soit 70 cm en deçà
de sa marque gagnante aux JO, ne confirme pas.
Aux lancers, la Néo-Zélandaise Valerie Adams (20,26 m au poids)
et la Croate Sandra Perkovic (68,77 au disque) ont confirmé leur
titre olympique. Tout le contraire donc de la perchiste Jennifer
Suhr, restée collée au sol au bénéfice de sa dauphine de Londres,
la Cubaine Yarisley Silva, seule et unique à avoir franchi les
4,70m.