LILLE (AFP)
Au lendemain de la terrible humiliation de Lille en Ligue des
champions contre le BATE Borisov (3-1), entraîneur et joueurs
sont confrontés à l'évidence d'un début de saison totalement raté
et doivent trouver des solutions alors que les motifs
d'inquiétude pour la suite sont légion.
+ Une défaite qui va laisser des traces
"On s'est fait +trimbaler+"... par une équipe qui n'avait jamais
gagné un match de poules en Ligue des champions avant sa
troisième participation." Cette phrase du capitaine Rio Mavuba en
dit long sur le niveau de jeu affiché mercredi par le Losc.
Moralement, et c'est logique, les joueurs semblaient très
atteints, surtout en repensant à ce qui fut probablement leur
pire première période depuis l'arrivée de Rudi Garcia en 2008.
Les têtes étaient basses, les visages graves. Même Rudi Garcia,
qui a quand même trouvé le moyen de retirer du positif d'un tel
désastre ("On reste sur une seconde période où on a montré de la
fierté, de l'amour propre, de l'orgueil"...), était inquiet: "Dès
qu'on perdait un ballon, on était en danger. Là-dessus, il va
vite falloir travailler et se reprendre".
+ Des recrues pas au niveau, un système bloqué
On pouvait attendre de Kalou, vu son expérience (il disputait
mercredi son 50e match en C1), qu'il montre l'exemple à ses
partenaires pour le début de cette compétition. Mais non.
Brouillon, physiquement très juste alors qu'il se disait la
veille "à 100%", il n'a jamais réussi à faire la différence face
à une défense bien regroupée.
La saison dernière le duo De Melo-Hazard fonctionnait à
merveille. Car le détonateur belge utilisait De Melo, s'en
servant de relais pour perforer les défenses adverses. A Lille
aujourd'hui, personne n'a ce pouvoir de percussion. Et De Melo
devient presque inutile. Un joueur comme Marvin Martin, auteur de
passes décisives à la pelle avec Sochaux, a besoin d'un attaquant
qui fasse des appels, prenne la profondeur. Plus le profil d'un
joueur comme Nolan Roux. Mais comme il est en pleine crise de
confiance...
+ Des cadres en plein doute
Franck Béria, qui a accepté de rendre service à tous les postes
en défense depuis le début de la saison, était sur le banc
mercredi. Rudi Garcia lui a préféré le jeune Lucas Digne, vrai
gaucher, pour le poste de latéral gauche. Un camouflet pour ce
cadre du vestiaire, toujours prêt à aller au combat. La pilule va
être dure à avaler. Il a au moins échappé au naufrage.
Un autre cadre, Mathieu Debuchy, ne semble pas, malgré les dires
de ses partenaires et de son entraîneur, avoir digéré son
transfert raté à Newcastle.
Nolan Roux, très bon la saison dernière à son arrivée de Brest,
n'a sans doute toujours pas compris pourquoi Garcia lui avait
soudainement préféré De Melo, de retour de blessure, pour le
poste de N.9. Et ce, même si le Brésilien s'est ensuite très bien
entendu sur le terrain avec Hazard.
Mais le vent pourrait vite tourner pour Roux, entré à la pause.
De Melo de son côté, remplacé après 45 minutes transparentes, a
sans doute rejoint le club des frustrés.
+ Un calendrier loin d'être clément
En championnat, c'est Lyon, invaincu et revanchard cette saison,
qui se déplace dimanche au Grand Stade. Une défaite et Lille
serait à 10 points de l'OL, au moins neuf de Marseille et sans
doute six de Paris, parti pour tout emporter sur son passage.
Autant dire que la perspective d'un podium s'éloignerait.
En C1, ce sera Valence, le 2 octobre en Espagne. L'ancien Lillois
Adil Rami, exclu à Munich, sera suspendu. Mais Valence c'est
aussi, et surtout, Roberto Soldado, redoutable attaquant formé au
Real Madrid qui a récemment fait son retour en équipe nationale.
L'équipe espagnole, battue à Munich par le Bayern, voudra en plus
se racheter dans son stade Mestalla.